À partir du 12 octobre, les voyageurs venant de pays tiers en Suède pourront bénéficier d’une nouvelle application mobile pour accélérer les contrôles aux frontières, alors que le système d’entrée/sortie (EES) de l’Union européenne entre en vigueur. La Suède sera le premier pays de l’UE à déployer cette solution.
Le système d’entrée/sortie (EES), fruit de plus de dix ans de développement, vise à renforcer la sécurité dans l’espace Schengen en enregistrant les données biométriques – photographie et empreintes digitales – de tous les voyageurs non européens à leur arrivée. « Cela sera très bénéfique pour les forces de l’ordre, et pas seulement pour les passages aux frontières, car les informations pourront être utilisées à d’autres fins », explique Louise Wahlberg, cheffe de projet pour la mise en œuvre du système au sein de la police suédoise. « Par exemple, si des empreintes digitales sont retrouvées sur la scène d’un crime, comme un meurtre, il sera possible de les comparer avec les données enregistrées dans le système. »
Tous les citoyens non européens résidant en dehors de l’UE devront utiliser le système EES dès le 12 octobre. Les citoyens de l’UE et de l’espace Schengen, ainsi que les personnes non européennes disposant d’un permis de séjour ou d’un droit de résidence dans un pays de l’UE, sont exemptés. Seuls les voyageurs munis d’un visa de court séjour, tel qu’un visa Schengen, seront soumis aux contrôles EES.
L’application, développée par l’agence Frontex de l’UE avec le soutien de programmeurs suédois, permet aux voyageurs de télécharger une photo de leur passeport et un selfie. Cette démarche préalable vise à fluidifier le passage aux frontières, où la plupart des voyageurs non européens devront s’enregistrer sur des bornes dédiées pour la collecte de leurs données biométriques.
« Cela rendra le processus un peu plus efficace et nous permettra de gagner du temps », précise Louise Wahlberg. L’utilisation de l’application est facultative. Les passagers qui le souhaitent pourront bénéficier d’une file d’attente dédiée à l’aéroport de Stockholm Arlanda, et potentiellement à celui de Göteborg Landvetter, réduisant ainsi considérablement leur temps d’attente. Selon les premiers tests, l’application pourrait permettre de gagner environ 15 secondes par passager.
L’application sera également opérationnelle dans les aéroports de Stockholm Bromma, Malmö et Luleå, mais sans file d’attente spécifique pour les utilisateurs. Elle sera téléchargeable gratuitement sur Google Play et l’App Store d’Apple à partir du 12 octobre.
Les voyageurs qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas utiliser l’application pourront continuer à passer par les files d’attente EES classiques. L’application est donc une option supplémentaire, et non une obligation.
La Suède a joué un rôle de premier plan dans le développement de l’application, notamment parce que ses aéroports ne sont pas équipés de portiques automatiques, qui auraient pu accélérer le processus de contrôle aux frontières. « Nous avons vraiment besoin de cette application, car nous ne disposons pas des bornes que l’on trouve dans d’autres pays », explique Louise Wahlberg. « Nous avons donc soutenu Frontex et l’UE dans la mise en place de cette solution. » Les Pays-Bas ont également contribué activement au développement de l’application.
Une trentaine de compagnies aériennes opérant dans les aéroports suédois ont participé à une session d’information sur l’application et plusieurs d’entre elles prévoient d’informer leurs passagers de son existence et de ses avantages.
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