Publié le 25 octobre 2025 à 21h39. Catherine Connolly, militante de gauche et députée, a été élue dixième présidente de l’Irlande, marquant une rupture avec les présidences précédentes et promettant une approche plus engagée sur les questions sociales et internationales.
- Catherine Connolly a remporté l’élection présidentielle face à Heather Humphreys, candidate du parti Fine Gael.
- Elle a bénéficié du soutien des principaux partis d’opposition irlandais, dont le Sinn Féin, le Parti travailliste et les sociaux-démocrates.
- Connolly s’est engagée à faire entendre une voix pour la paix, la neutralité et la lutte contre le changement climatique.
L’élection de Catherine Connolly, une figure politique indépendante de 68 ans, représente un tournant pour la présidence irlandaise. Députée (Teachta Dála, ou TD) pour la circonscription de Galway West depuis 2016, et auparavant vice-présidente du Dáil (parlement irlandais), elle a mené une campagne axée sur le changement et la justice sociale, se présentant comme une candidate du peuple et non du système.
Connolly a su capitaliser sur un sentiment de mécontentement envers les partis traditionnels et a présenté sa campagne comme un véritable « mouvement », attirant notamment les jeunes électeurs grâce à une présence active et créative sur les réseaux sociaux. Une vidéo virale la montrant jonglant avec un ballon de football et jouant au basket a particulièrement marqué les esprits, illustrant son dynamisme et sa capacité à se connecter avec les citoyens.
Son principal adversaire, Heather Humphreys, du parti Fine Gael, n’a pas réussi à susciter le même enthousiasme. Jim Gavin, candidat du Fianna Fáil, s’est retiré de la course en début de mois, mais est resté sur le bulletin de vote, obtenant finalement 7,2 % des suffrages.
La campagne de Catherine Connolly a été marquée par des prises de position fortes sur des questions sensibles, notamment la politique étrangère et le conflit israélo-palestinien. Elle est une fervente défenseure de la cause palestinienne, dénonçant ce qu’elle qualifie de « génocide » à Gaza et critiquant les actions d’Israël. L’Irlande est traditionnellement perçue comme l’un des pays européens les plus favorables à la Palestine, et les déclarations de Connolly s’inscrivent dans cette tradition.
Elle a suscité la controverse en déclarant à BBC News NI que le Hamas faisait « partie intégrante du peuple palestinien », une affirmation qui a provoqué de vives réactions. Elle a également critiqué l’OTAN et a été attaquée par le Fine Gael pour son manque de fermeté à l’égard de la Russie.
Le rôle du président irlandais est essentiellement cérémoniel, mais Catherine Connolly promet une présidence plus active et engagée. Elle a annoncé son intention de reverser une partie substantielle de son salaire (environ 350 000 € ou 305 000 £) à des projets sociaux.
Lors de son discours de victoire au château de Dublin, elle a déclaré qu’elle serait une présidente « inclusive » pour tous les Irlandais, affirmant que le peuple irlandais pouvait « façonner une nouvelle République ».
« Je serai une présidente qui écoute et réfléchit et qui parle quand c’est nécessaire. Je serai une voix pour la paix, une voix qui s’appuie sur notre politique de neutralité, une voix qui exprime la menace existentielle posée par le changement climatique et une voix qui reconnaît l’énorme travail accompli dans tout le pays. »
Catherine Connolly, Présidente de l’Irlande
Connolly a également exprimé son souhait de voir une Irlande unie au cours de son mandat de sept ans, et a déclaré qu’elle soutiendrait les préparatifs nécessaires à cette éventualité. Mary Lou McDonald, chef du Sinn Féin, a salué son élection, estimant qu’elle apporterait « son authenticité » à la fonction présidentielle.
« Catherine apporte son authenticité à ce rôle et je ne suis pas convaincue qu’il y ait un jour un Uachtaráin [président irlandais] qui soit simplement une répétition d’un Uachtaráin précédent. »
Mary Lou McDonald, chef du Sinn Féin
Bien qu’elle soit une fervente défenseure de la Palestine et ait critiqué le rôle des États-Unis et du Royaume-Uni dans le conflit, Connolly a affirmé qu’elle serait disposée à rencontrer des dirigeants étrangers, y compris le président américain, si l’occasion se présentait. Elle a toutefois précisé qu’elle n’hésiterait pas à aborder la question du « génocide » si la discussion s’y prêtait.
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