Publié le 10 octobre 2025 à 02:52:00. L’Indonésie, l’un des principaux fournisseurs mondiaux de main-d’œuvre maritime, a lancé une nouvelle carte d’identité électronique pour ses marins afin de renforcer leur sécurité, de faciliter leur mobilité internationale et de moderniser l’administration du secteur.
- Plus de 143 000 marins indonésiens travaillent actuellement à l’étranger.
- La nouvelle carte e-SID, dotée d’une puce contenant des données biométriques et professionnelles, est reconnue par les systèmes d’immigration du monde entier.
- Le gouvernement indonésien ambitionne d’intégrer l’e-SID à ses bases de données nationales sur la population et l’immigration.
En tant que nation archipelique majeure, l’Indonésie occupe une place de choix dans le secteur maritime mondial. Elle se positionne comme le troisième pays fournisseur de marins, après les Philippines et la Russie. Face aux enjeux de sécurité internationale et à la nécessité de mieux protéger ses citoyens travaillant en mer, le ministère indonésien des Transports a mis en place un nouveau système d’identification : la carte d’identité électronique des gens de mer, ou e-SID.
Cette initiative vise à répondre aux préoccupations croissantes en matière de sécurité maritime, exacerbées par les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Selon Samsuddin, directeur du transport maritime et de la navigation au ministère des Transports, ces événements ont conduit à une refonte des normes de sécurité à l’échelle mondiale, impactant directement le secteur maritime. En 2003, l’Organisation internationale du travail (OIT) a actualisé ses conventions pour améliorer la reconnaissance internationale des documents d’identité des marins, facilitant ainsi leur accès aux ports et simplifiant les procédures d’identification.
La carte e-SID, bien plus qu’un simple document d’identification, est perçue par le ministère comme un symbole de modernisation et de reconnaissance.
« L’e-SID n’est pas seulement une carte. C’est un symbole de modernisation et de reconnaissance qui garantit que les gens de mer sont enregistrés, protégés et reconnus au niveau international. »
Samsuddin, directeur du transport maritime et de la navigation
Équipée d’une puce électronique, la carte stocke les données d’identité du marin, ses données biométriques et son parcours professionnel. Chaque marin est tenu de posséder cette carte, et l’inscription peut être effectuée en ligne via le site web du ministère. Cette numérisation permet aux marins indonésiens de débarquer plus facilement dans les pays de destination, sans avoir à solliciter de permis supplémentaires, à l’instar des pilotes d’avion disposant de cartes d’identité spécifiques.
Le gouvernement indonésien a déjà déployé cinq centres de services principaux, situés à Jakarta, Surabaya, Makassar, Bali et Singapour (via le bureau de l’attaché de transport), pour faciliter la collecte des données biométriques (empreintes digitales et photos d’identité) nécessaires à l’établissement de la carte. Des extensions à d’autres ambassades, notamment en Malaisie, sont prévues. À ce jour, environ 30 % des marins indonésiens ont déjà obtenu leur e-SID, la majorité étant employés sur des navires étrangers.
Le développement de ce système n’est pas sans défis. Samsuddin souligne notamment la dépendance vis-à-vis de l’importation des puces électroniques, en raison de l’absence de fabricants locaux capables de répondre aux spécifications techniques requises, similaires à celles utilisées dans l’aéronautique. Actuellement, ces puces sont achetées en Chine par le biais d’appels d’offres. Néanmoins, il assure que toutes les données biométriques sont stockées dans un centre de données national indonésien, conformément à la législation sur la protection des données personnelles.
Un autre obstacle réside dans le niveau de familiarisation avec les outils numériques de certains marins, ainsi que dans leur mobilité géographique fréquente, ce qui peut entraîner des erreurs de saisie des données. Pour pallier ces difficultés, le gouvernement a mis en place des équipes d’assistance dans chaque centre d’enregistrement. De plus, l’interopérabilité entre les différentes administrations publiques constitue un défi majeur, le ministère des Transports visant à intégrer l’e-SID aux bases de données nationales de la population et de l’immigration, afin de simplifier les démarches administratives pour les marins.
Cette numérisation de l’identification des gens de mer s’inscrit dans une démarche plus large de transformation numérique du ministère des Transports, qui a déjà digitalisé d’autres services, tels que l’immatriculation des navires, le remplacement du pavillon et la délivrance des permis d’armateur. L’utilisation de signatures électroniques permet également de simplifier les processus et de réduire la paperasserie.