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Comment Poutine a gagné la guerre, avec l’aide de ses amis

L'impasse actuelle en Ukraine révèle une réalité déconcertante : loin d'être un effondrement, la stratégie russe semble avoir atteint ses objectifs principaux, notamment en exposant les failles et les divisions au sein de l'alliance occidentale. Cette analyse, qui…

Comment Poutine a gagné la guerre, avec l’aide de ses amis

L’impasse actuelle en Ukraine révèle une réalité déconcertante : loin d’être un effondrement, la stratégie russe semble avoir atteint ses objectifs principaux, notamment en exposant les failles et les divisions au sein de l’alliance occidentale. Cette analyse, qui contraste avec les prévisions initiales, met en lumière une perception stratégique de la part de Vladimir Poutine qui pourrait redéfinir l’équilibre géopolitique.

L’influence de Donald Trump sur le conflit est indéniable. Au-delà de toute spéculation, l’ancien président américain entretient une admiration réciproque avec Poutine, une dynamique que le Kremlin a su exploiter. Le récent « plan de paix » proposé par Trump, potentiellement inspiré par Moscou, souligne l’absence de solution viable qui ne compromette pas les intérêts russes.

Les premiers mois de l’invasion en 2022 ont certes été marqués par des erreurs stratégiques et tactiques flagrantes de la part de la Russie, avec une retraite humiliante des troupes. Cependant, la résistance ukrainienne, bien que courageuse et soutenue par une aide massive des États-Unis et de leurs alliés, n’a pas conduit à la défaite anticipée de Moscou. Le conflit s’est transformé en une guerre par procuration entre la Russie et une alliance occidentale initialement perçue comme unie.

Les espoirs occidentaux de voir Poutine affaibli par les conséquences de la guerre se sont avérés infondés. Les sanctions économiques, loin de paralyser l’économie russe, ont renforcé ses liens avec la Chine et l’Inde, qui continuent d’acheter ses ressources énergétiques. Poutine lui-même a consolidé des accords économiques et militaires avec le Premier ministre indien Narendra Modi en décembre dernier, illustrant cette nouvelle dynamique.

Selon le chroniqueur de politique étrangère Michael Hirsh, « il existe bien plus d’unanimité d’opinion du côté russe en faveur de l’invasion que du côté occidental contre elle ». La chercheuse Maria Snegovaya souligne que les dirigeants occidentaux se sont mépris sur l’opinion publique russe, qui reste majoritairement favorable à la guerre et accuse l’Occident d’avoir provoqué Poutine.

Cette divergence de perception est fondamentale. Pour de nombreux Européens et Américains, le conflit ukrainien s’inscrit dans un récit de David contre Goliath. Pour Poutine, il s’agit d’une lutte contre la décadence occidentale, une réponse à des décennies d’humiliation nationale et une affirmation du lien historique entre la Russie et l’Ukraine.

Les dirigeants occidentaux ont sous-estimé la résilience de la société russe et la force du récit de Poutine. Ils ont également surestimé leur propre capacité à influencer le cours du conflit. Poutine, quant à lui, a perçu la faiblesse du discours occidental et le manque de cohérence stratégique de ses adversaires. Il considérait les États-Unis comme une superpuissance en déclin et l’Europe comme une confédération divisée et économiquement fragile.

À ce stade, une résolution du conflit semble compromise. L’Occident hésite à engager une intervention militaire directe au risque d’une escalade majeure. L’Ukraine, malgré sa détermination, pourrait être contrainte d’accepter des concessions territoriales en échange de garanties de sécurité fragiles. L’avenir reste incertain, mais il est clair que les récits simplistes sur cette guerre se sont avérés inexacts.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.