Publié le 25 novembre 2025 à 03:54. Une vaste étude révèle un lien surprenant entre les épisodes de zona et un risque accru de démence, ouvrant de nouvelles pistes pour la prévention de cette maladie neurodégénérative.
- Plusieurs épisodes de zona sont associés à un risque de démence plus élevé que ceux qui n’en ont qu’un seul.
- La vaccination contre le zona, quel que soit le type de vaccin, pourrait contribuer à protéger le cerveau.
- Les chercheurs ont analysé les données de plus de 100 millions de personnes aux États-Unis entre 2007 et 2023.
Une étude de grande envergure, publiée dans la revue spécialisée Médecine naturelle, met en évidence une corrélation inattendue entre le zona et le développement de la démence. Les résultats, jugés cohérents par les experts, suggèrent que la vaccination contre le zona pourrait offrir une protection supplémentaire contre les troubles cognitifs.
Le zona, causé par le virus varicelle-zona – le même virus responsable de la varicelle chez l’enfant – reste latent dans le système nerveux après une première infection. Avec l’âge, le virus peut se réactiver, provoquant une éruption cutanée douloureuse et des brûlures. Selon le professeur Pascal Geldsetzer, de l’université de Stanford et co-auteur de l’étude, le système immunitaire parvient souvent à contenir cette réactivation, mais parfois, « il est complètement réactivé ».
L’étude a porté sur les dossiers médicaux électroniques de plus de 100 millions de personnes aux États-Unis sur une période allant de 2007 à 2023. Après avoir pris en compte plus de 400 variables, les chercheurs ont constaté que le risque de démence était réduit de 27 à 33 % chez les personnes vaccinées contre le zona, et ce, dans les trois ans suivant la vaccination. Ils ont également observé que les personnes ayant subi plusieurs épisodes de zona présentaient un risque de démence accru de sept à neuf pour cent, trois à neuf ans après leur deuxième épidémie, par rapport à celles qui n’en avaient eu qu’un seul.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce lien. L’une d’elles suggère que le virus varicelle-zona, même en restant latent, pourrait agir directement sur les zones du cerveau impliquées dans la démence. Une autre piste explore le rôle de la réponse immunitaire de l’organisme face à l’infection, et notamment l’inflammation qu’elle provoque. « Il n’est pas forcément que le virus attaque directement les cellules cérébrales, mais que la réponse inflammatoire à sa présence pose problème », explique le Dr Anupam Jena, interniste au Massachusetts General Hospital.
L’étude a également comparé l’efficacité de deux vaccins contre le zona : Shingrix, un vaccin plus récent contenant des fragments inactivés du virus, et Zostavax, un vaccin plus ancien à base de virus vivant atténué (retiré du marché américain en 2020). Les résultats indiquent que deux doses de Shingrix réduisent plus efficacement la réactivation du virus et, par conséquent, le risque de démence.
Les vaccins contre le zona sont déjà recommandés aux personnes âgées (généralement plus de 50 ans) et aux personnes immunodéprimées. Certains médecins estiment que ces nouvelles données sont suffisamment convaincantes pour discuter de la prévention de la démence comme un bénéfice supplémentaire avec leurs patients. Le professeur Jena, de la Harvard Medical School, a récemment évoqué ces recherches lors d’un cours destiné à des internes qui n’avaient jamais entendu parler de ce lien.
Les chercheurs soulignent que la démence est une maladie complexe influencée par de nombreux facteurs, notamment la génétique, l’environnement et les infections virales. Bien que des traitements efficaces soient encore limités, la vaccination contre le zona pourrait représenter une stratégie préventive prometteuse. Patrick Schwab, auteur principal de l’étude et directeur de l’apprentissage automatique et de l’intelligence artificielle chez GSK, une société biopharmaceutique, insiste sur l’importance de mieux comprendre si le virus varicelle-zona contribue à la neurodégénérescence afin de développer de meilleurs traitements contre la démence.
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Il est important de noter que cette étude ne permet pas d’établir un lien de causalité direct entre le zona et la démence, mais elle renforce l’hypothèse d’une association significative. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour élucider les mécanismes biologiques sous-jacents et déterminer si la vaccination contre le zona peut effectivement réduire le risque de démence à long terme.