Home SantéComment un virus pendant l’enfance peut contribuer à une démence ultérieure – et que pouvez-vous faire pour y remédier

Comment un virus pendant l’enfance peut contribuer à une démence ultérieure – et que pouvez-vous faire pour y remédier

by Sophie Martin

Publié le 26 novembre 2025 à 04h54. Une vaste étude révèle un lien surprenant entre les épisodes de zona et un risque accru de démence, ouvrant de nouvelles pistes pour la prévention de cette maladie neurodégénérative.

  • Les personnes ayant subi plusieurs épisodes de zona présentent un risque de démence significativement plus élevé que celles n’en ayant eu qu’un seul.
  • La vaccination contre le zona, en particulier avec le vaccin Shingrix, pourrait offrir une protection contre le développement de la démence.
  • Les mécanismes biologiques reliant le zona à la démence restent à élucider, mais l’inflammation et la réponse immunitaire pourraient jouer un rôle clé.

Une étude d’envergure, publiée dans la revue spécialisée Médecine naturelle, apporte de nouvelles preuves quant à l’impact du zona sur la santé cérébrale. L’analyse des données de plus de 100 millions de personnes aux États-Unis entre 2007 et 2023 a révélé une corrélation frappante entre les récidives de zona et un risque accru de démence dans les années qui suivent.

Les chercheurs ont constaté que le risque de développer une démence était inférieur de 27 à 33 % chez les personnes vaccinées contre le zona, par rapport à celles qui ne l’étaient pas. Plus précisément, ceux qui avaient connu plusieurs épisodes de zona présentaient un risque de démence de sept à neuf pour cent plus élevé, trois à neuf ans après la deuxième épidémie, comparativement à ceux qui n’en avaient subi qu’une seule.

Le zona est causé par la réactivation du virus varicelle-zona, le même virus responsable de la varicelle chez l’enfant. Ce virus reste dormant dans le système nerveux et peut se réactiver avec l’âge, provoquant des éruptions cutanées douloureuses et des brûlures. Selon le professeur Pascal Geldsetzer, de l’université de Stanford et co-auteur de l’étude, le système immunitaire parvient généralement à contenir le virus, mais parfois, il se réactive complètement.

L’étude a comparé l’efficacité de deux vaccins contre le zona : Shingrix, un vaccin plus récent contenant des fragments inactivés du virus, et Zostavax, un vaccin plus ancien à base de virus vivant atténué. Les résultats suggèrent que Shingrix, avec ses deux doses, offre une meilleure protection contre la réactivation du virus et, potentiellement, contre la démence.

Plusieurs hypothèses sont envisagées pour expliquer ce lien entre le zona et la démence. L’une d’elles suggère que le virus varicelle-zona, même en l’absence de symptômes apparents, pourrait agir directement sur les zones du cerveau impliquées dans la démence. Une autre piste concerne la réponse inflammatoire du corps à l’infection, qui pourrait avoir des effets néfastes sur le cerveau.

Selon le docteur Anupam Jena, interniste au Massachusetts General Hospital, il est également possible que les médicaments utilisés pour soulager la douleur du zona jouent un rôle. Il souligne cependant que les résultats de l’étude sont encourageants et renforcent les preuves issues de recherches antérieures, notamment une étude menée au Pays de Galles qui avait déjà mis en évidence un risque réduit de démence chez les personnes vaccinées contre le zona.

Les vaccins contre le zona sont actuellement recommandés aux personnes âgées de plus de 50 ans et aux personnes immunodéprimées. Certains médecins envisagent désormais de discuter des bénéfices potentiels de la vaccination contre le zona en matière de prévention de la démence avec leurs patients.

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La démence est une maladie complexe influencée par de nombreux facteurs, notamment la génétique, l’environnement et les infections virales. Alors que le nombre de personnes atteintes de démence ne cesse d’augmenter, il est crucial de trouver des moyens efficaces de prévenir et de traiter cette maladie. Les résultats de cette étude ouvrent de nouvelles perspectives prometteuses dans ce domaine.

À propos de l’auteur

Akilah Johnson est une journaliste d’investigation au Washington Post, spécialisée dans l’étude de l’impact du racisme et des inégalités sociales sur la santé. Elle a rejoint le Post en 2021 après avoir travaillé chez ProPublica, où elle a remporté un prix George Polk et un National Magazine Award, et a été nominée pour le prix Pulitzer pour son enquête sur l’impact du Covid-19 sur les communautés noires américaines.

Cet article a été publié pour la première fois en anglais le 9 novembre 2025 sur Washingtonpost.com, dans le cadre d’un partenariat avec les portails IPPEN.MEDIA.

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