Home AffairesConférence sur le travail et les retraites : Farandou dévoile sa feuille de route, fin de non recevoir du Medef

Conférence sur le travail et les retraites : Farandou dévoile sa feuille de route, fin de non recevoir du Medef

by Amélie Bernard

Mis à jour le 4 novembre 2025 à 12h30. Le Medef a annoncé son retrait de la conférence sur le travail et les retraites, une initiative gouvernementale lancée dans l’espoir de relancer le dialogue social après l’abandon temporaire de la réforme des retraites.

  • Le Medef ne participera pas aux prochaines réunions de la conférence Travail et Retraites.
  • L’objectif de cette conférence, initiée par le Premier ministre, est de déboucher sur des propositions à l’été 2026, potentiellement soumises au vote lors de la prochaine élection présidentielle.
  • La conférence se concentrera initialement sur les questions liées au travail, avant d’aborder les retraites, afin de désamorcer les tensions.

La décision du Medef intervient quelques jours après le lancement officiel de cette conférence, qui vise à apaiser les tensions sociales et à trouver des solutions sur des sujets épineux comme le travail et les retraites. L’initiative fait suite à l’échec du “conclave” mis en place par le gouvernement précédent et à la suspension de la réforme des retraites jusqu’au 1er janvier 2028.

Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, avait présenté cette conférence comme un espace de débat, et non de négociation, avec l’ambition d’aboutir à des pistes de réflexion d’ici l’été 2026. L’espoir affiché est que ces sujets soient au cœur du débat lors de la prochaine campagne présidentielle et puissent être tranchés par un vote démocratique.

Si la plupart des organisations syndicales et patronales étaient représentées lors du lancement, la CGT était absente, invoquant des contraintes d’agenda. CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires, du côté des salariés, ainsi que Medef, CPME, U2P, Udes, FNSEA et Fesac, du côté des entreprises, ont participé à cette première étape.

Jean-Pierre Farandou a souligné sa volonté de “pacifier le débat et de construire des options de manière cohérente”, espérant même l’émergence d’un accord. Il a insisté sur le fait qu’il ne souhaitait pas imposer de direction, conscient des échecs passés.

Pour éviter les blocages qui avaient rapidement miné le “conclave” précédent, le ministre a promis une approche ouverte, sans “tabou”, et a appelé à l’écoute mutuelle. Les travaux seront organisés en groupes thématiques, avec des réunions régulières pour faire le point sur les avancées.

Jean-Denis Combrexelles, ancien directeur général du Travail et ancien directeur de cabinet d’Elisabeth Borne, coordonnera ces travaux, avec l’appui de Pierre Ferracci, président du Groupe Alpha, spécialisé dans le conseil aux CSE, et d’Anne-Marie Couderc, ancienne ministre et dirigeante d’entreprise, représentante patronale au Cese.

Selon Jean-Denis Combrexelles, les ateliers porteront sur la qualité de vie au travail, l’emploi et les parcours professionnels, ainsi que sur les retraites. Il a précisé qu’il y aura des conférences plénières régulières pour synthétiser les conclusions.

L’inversion de l’ordre des thèmes – le travail étant désormais placé avant les retraites – est une stratégie délibérée pour désamorcer les tensions, le sujet des retraites ayant été particulièrement conflictuel. Le ministre du Travail estime que le travail est un “angle mort” de la réforme précédente et un élément clé pour trouver des solutions durables.

Il a souligné que la manière dont se déroule la vie professionnelle a une incidence directe sur la capacité des individus à envisager de travailler plus longtemps. Il a également rappelé que les problématiques rencontrées dans le secteur privé se posent également dans la fonction publique.

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