Publié le 25 novembre 2025 à 22h18. Un couple anglo-australien vivant en autarcie dans une ferme isolée des Abruzzes est au cœur d’une controverse judiciaire et politique en Italie, après la décision d’un tribunal de retirer temporairement ses enfants du foyer familial. L’affaire soulève des questions sur les droits des parents, l’intérêt supérieur de l’enfant et les modes de vie alternatifs.
- Le ministère de l’Éducation a validé que la scolarité obligatoire des enfants était assurée par l’instruction à domicile et le soutien d’une école agréée.
- Le tribunal pour mineurs d’Aquila a ordonné le retrait temporaire des enfants en raison de préoccupations concernant leurs conditions de vie et le refus des parents de se conformer aux examens médicaux requis.
- L’affaire a suscité un débat public et un soutien populaire à la famille, ainsi qu’une intervention du gouvernement, notamment de la Première ministre Giorgia Meloni.
La situation de cette famille, installée depuis 2001 dans une ferme délabrée près de Palmoli, a pris une tournure judiciaire après leur hospitalisation l’an dernier pour empoisonnement aux champignons. Une enquête des carabiniers a conduit à une signalisation au parquet de la jeunesse, qui a temporairement limité la garde parentale, sans pour autant retirer les enfants de leur domicile. Les conditions de vie de la famille, sans électricité, eau courante ni gaz, ont rapidement suscité l’inquiétude des autorités.
Si le ministère de l’Éducation a confirmé que l’obligation scolaire était remplie, le tribunal pour mineurs s’est concentré sur le bien-être physique des enfants. Le danger, selon les autorités, ne réside pas tant dans l’instruction à domicile que dans les conditions de vie précaires et le refus des parents de se soumettre aux contrôles médicaux légaux. La décision de retirer temporairement la fille de huit ans et les jumeaux de six ans a provoqué une vive réaction.
L’avocat de la famille a dénoncé des « mensonges » et s’est dit confiant dans la possibilité de réunir la famille pour Noël. Le père, cité par la chaîne publique RAI, a déclaré :
« Nous aimerions rester. »
Père de famille, cité par RAI
Il a également évoqué la possibilité que sa femme voyage en Australie avec les enfants si la décision du tribunal est maintenue.
Le maire de Palmoli, Giuseppe Masciulli, a même proposé à la famille une maison gratuite dans la ville, mais a souligné leur attachement à un mode de vie isolé :
« Nous pouvons leur offrir une maison gratuite, mais ils sont trop rigides. »
Giuseppe Masciulli, maire de Palmoli, cité par La Repubblica
La famille avait consciemment choisi de s’éloigner de la société et des influences négatives de la vie moderne.
L’affaire a également pris une dimension politique. La Première ministre Giorgia Meloni envisagerait, en concertation avec le ministre de la Justice Carlo Nordio, de confier à des inspecteurs le contrôle des procédures du tribunal pour mineurs d’Aquila. Le vice-Premier ministre Matteo Salvini a critiqué avec virulence la décision du tribunal. L’Association nationale des juges a défendu le verdict provisoire, le qualifiant de décision fondée sur des « appréciations techniques » et mettant en garde contre toute « instrumentalisation » de l’affaire, perçue comme un nouvel affrontement entre le gouvernement de droite et le pouvoir judiciaire.
Plusieurs milliers de personnes ont signé une pétition en ligne, reprenant la devise : « Défendons la liberté d’éducation : rendez les enfants à la famille qui vit dans la forêt ». Un rassemblement de soutien devant le Ministère de la Famille à Rome est prévu le 6 décembre.
