Publié le 23 décembre 2025 à 19h05. Une nouvelle étude révèle que même en présence d’une prédisposition génétique à la démence, le contrôle de l’hypertension artérielle et des facteurs de risque vasculaires peut significativement réduire le risque de développer la maladie.
- Le risque de démence augmente en présence combinée de facteurs génétiques et de lésions vasculaires cérébrales.
- La composante vasculaire du risque de démence est modifiable, offrant une voie de prévention même pour les personnes à risque génétique élevé.
- L’étude a utilisé les données de l’étude Atherosclerosis Risk in Communities et de la UK Biobank pour évaluer l’impact combiné de l’hyperintensité de la substance blanche et du gène APOE ε4.
Des chercheurs de la Yale School of Medicine ont mis en évidence l’importance de la santé vasculaire dans la prévention de la démence, même chez les individus porteurs de gènes prédisposant à la maladie. L’étude, publiée dans la revue Annales de neurologie, démontre que les effets des facteurs de risque génétiques et vasculaires sont additifs plutôt que multiplicatifs, ce qui signifie que chacun contribue indépendamment à l’augmentation du risque.
L’équipe de recherche a évalué deux indicateurs clés : l’hyperintensité de la substance blanche (HSB), des lésions visibles sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM) associées à des dommages aux petits vaisseaux sanguins du cerveau, et la présence de la variante ε4 du gène APOE. Ce gène joue un rôle dans le transport du cholestérol et sa variante ε4 est connue pour augmenter le risque de maladie d’Alzheimer.
Les résultats indiquent que les participants présentant à la fois une HSB importante et au moins un allèle APOE ε4 avaient un risque de démence plus élevé que ceux ne présentant aucun de ces facteurs. Cependant, l’étude souligne que l’impact de chaque facteur est indépendant, ce qui offre une perspective encourageante.
« Cela nous dit quelque chose de vraiment important. Même si vous avez subi une mauvaise main génétique avec APOE ε4, vous n’êtes pas destiné à la démence. La composante vasculaire est modifiable. »
Adam de Havenon, professeur agrégé de neurologie à la Yale School of Medicine (YSM)
Selon les chercheurs, la gestion de la tension artérielle, le contrôle du diabète et d’autres interventions cardiovasculaires peuvent prévenir ou ralentir le développement de l’HSB. Ils insistent sur le fait que la présence du gène APOE ε4 n’est pas une condamnation à la démence.
« Notre analyse suggère que même si le gène augmente le risque, le résultat final dépend fortement d’autres facteurs. J’espère que les personnes qui découvrent qu’elles sont porteuses de cette mutation génétique prendront très au sérieux leurs facteurs de risque vasculaire. »
Adam de Havenon, professeur agrégé de neurologie à la Yale School of Medicine (YSM)
Cette recherche a été financée par les National Institutes of Health et l’Université de Yale. Le contenu relève de la seule responsabilité des auteurs et ne représente pas nécessairement les opinions officielles des National Institutes of Health.
Source: Yale