Le Royaume-Uni a alloué 2,5 millions de livres sterling supplémentaires pour renforcer la préparation de la Somalie face aux inondations liées au phénomène El Niño. Prévues pour la saison des pluies Deyr d’octobre à décembre 2026, ces mesures visent à protéger les communautés vulnérables et leurs moyens de subsistance avant la montée des eaux.
Un financement britannique pour la résilience climatique
Le nouveau soutien financier britannique de 2,5 millions de livres sterling s’inscrit dans un programme humanitaire plus large de 5 millions de livres sterling. Ces fonds sont déployés via le projet RESTORE — Restauration des écosystèmes fluviaux pour l’adaptation au changement climatique
— qui combine réhabilitation des infrastructures hydrauliques et gestion des ressources naturelles. L’initiative est mise en œuvre par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’organisation World Vision.
L’objectif immédiat est de sécuriser les zones riveraines le long du fleuve Shabelle, où l’agriculture et l’élevage constituent le socle économique des populations locales. Selon Chris Pycroft, directeur du développement à l’ambassade britannique à Mogadiscio, l’intervention précoce est déterminante pour éviter une crise humanitaire majeure.

« Les inondations ne doivent pas devenir des catastrophes humanitaires. Agir tôt signifie que les familles peuvent se mettre en sécurité, les services essentiels peuvent rester disponibles et les moyens de subsistance peuvent être protégés », a déclaré Chris Pycroft, directeur du développement à l’ambassade britannique à Mogadiscio.
Préparations opérationnelles à Baidoa et dans les régions fluviales
À travers le pays, les autorités locales et les agences humanitaires multiplient les exercices de préparation. Dans l’État du Sud-Ouest, un comité ministériel dirigé par Abdinasir Abdi Arush a rencontré des partenaires humanitaires pour coordonner les efforts d’assistance dans la région du Bas-Shabelle. Les autorités locales se sont engagées à faciliter le travail des organisations sur le terrain pour garantir que l’aide atteigne les populations riveraines dès l’apparition des crues.
Parallèlement, l’Agence somalienne de gestion des catastrophes (SoDMA) a déployé des équipes pour sensibiliser les communautés. Le président de la SoDMA, Mahamuud Moallim Abdulle, a souligné l’importance de la communication directe avec les populations locales. Il a personnellement visité des sites stratégiques, notamment Baidoa et Beledweyne, pour superviser le dispositif d’alerte.
« Nous avons envoyé des gens partout où le gouvernement pouvait atteindre. Je me suis également rendu dans certains endroits, notamment à Baidoa et Beledweyne, où j’ai mené des travaux et rencontré des communautés », a expliqué Mahamuud Moallim Abdulle, président de la SoDMA.
Formations de secours et risques de la saison Deyr
La Société du Croissant-Rouge somalien (SRCS), avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a formé 72 secouristes, dont 60 volontaires communautaires, dans des zones à haut risque comme Bardere, Jowhar, Beletweyne et Kismayo. Ces équipes sont entraînées au maniement des bateaux et aux techniques de sauvetage d’urgence, la SRCS ayant déjà positionné neuf embarcations dans les zones jugées les plus vulnérables.
Ces efforts répondent aux prévisions de la FAO, qui a alerté sur une probabilité atteignant 90 % de précipitations supérieures à la normale dans certaines parties des bassins des fleuves Juba et Shabelle. Les autorités estiment que jusqu’à 3,5 millions de personnes pourraient être exposées aux inondations durant la saison Deyr, avec un risque de déplacement pour environ 1 million d’individus. Cette situation intervient alors que la fragilité alimentaire persiste, aggravée par les sécheresses et les conflits passés, touchant déjà des millions de personnes.

Investissements à long terme et gestion des ressources
Au-delà de l’urgence, les programmes comme le Jowhar Offstream Storage Programme (JOSP) visent à transformer la gestion de l’eau. En détournant et en stockant l’excès d’eau des crues, ces infrastructures cherchent à atténuer les effets des cycles alternés de sécheresse et d’inondation. Etienne Peterschmitt, représentant de la FAO en Somalie, insiste sur la nécessité de lier préparation immédiate et vision durable.
« Parallèlement à la préparation immédiate, nous devons continuer à investir dans des systèmes de gestion de l’eau comme le JOSP qui réduisent le risque d’inondation et rendent l’eau disponible pour les agriculteurs pendant les périodes sèches. Ces investissements sont essentiels pour une sécurité alimentaire durable », a déclaré Etienne Peterschmitt, représentant de la FAO en Somalie. L’objectif est ainsi de renforcer la résilience des populations locales face aux aléas climatiques tout en garantissant une stabilité alimentaire à long terme pour l’ensemble du pays.