Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Espagne : le décès de Maricarmen Abascal et la crise du logement mènent aux élections

Le décès de la retraitée Maricarmen Abascal à Madrid, survenu le 7 octobre 2026 après une expulsion très médiatisée, a catalysé la colère contre la crise du logement en Espagne et…

Espagne : le décès de Maricarmen Abascal et la crise du logement mènent aux élections

Le décès de la retraitée Maricarmen Abascal à Madrid, survenu le 7 octobre 2026 après une expulsion très médiatisée, a catalysé la colère contre la crise du logement en Espagne et poussé le gouvernement de Pedro Sánchez à dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives anticipées le 29 novembre.

Maria del Carmen Abascal, dite Maricarmen, est décédée à l’âge de 87 ans à l’hôpital de Madrid le 7 octobre 2026. Deux semaines après son éviction intervenue le 23 septembre, alors qu’elle était hospitalisée dans un état affaibli depuis son expulsion d’un appartement du quartier d’Ibiza près du parc du Retiro — où elle vivait depuis son adolescence et que son père louait depuis 1956 sous le régime des loyers anciens —, elle n’aura pas eu l’occasion de regagner son domicile après un accord de bail obtenu avec la société immobilière propriétaire après un conflit de huit ans.

Des manifestations massives réclament une grève générale le 11 novembre

L’annonce de sa disparition a entraîné l’émotion et l’indignation chez les militants du droit au logement, provoquant des rassemblements massifs, notamment sur la place de la Puerta del Sol à Madrid et dans plus de 50 villes espagnoles où des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre la flambée des loyers et les expulsions. Les manifestants ont brandi des banderoles et scandé des slogans tels que Maricarmen vit, la lutte continue et On ne tolérera pas une expulsion de plus.

Espagne : le décès de Maricarmen Abascal et la crise du logement mènent aux élections
Photo : World Socialist Web Site

Cette grève générale historique, la première de cette ampleur soutenue conjointement par CCOO et UGT depuis 2012, vise à exiger de meilleurs salaires face à une inflation qui a atteint 4,9 % en septembre, ainsi qu’un accès à un logement digne. Cependant, la date choisie en pleine campagne électorale suscite des débats juridiques sur sa légalité.

Pedro Sánchez dissout le Parlement et fixe le scrutin au 29 novembre

La pression de la rue et les difficultés politiques ont conduit le Premier ministre Pedro Sánchez à dissoudre le Parlement et à convoquer des élections générales anticipées pour le 29 novembre 2026, à la suite du rejet au Congrès, le vendredi 2 octobre, de deux décrets-lois sur le logement par l’opposition menée par le Parti populaire (PP), Vox, l’UPN et Junts. Le Real Decreto 806/2026 fixant le calendrier a été signé le 5 octobre et publié le lendemain dans le Bulletin officiel de l’État (BOE), actant la dissolution du Congrès des députés et du Sénat et l’annulation de centaines de textes. Tandis que le chef de Vox, Santiago Abascal, et les dirigeants de l’opposition critiquent la gestion socialiste, le gouvernement tente de faire valider de nouveaux décrets par la Diputación Permanente, une commission de 69 députés qui remplace la séance plénière pendant la dissolution.

Espagne : la mort de Maricarmen ravive la colère sur le logement • FRANCE 24

Sur l’échiquier politique, les sondages indiquent que le PP et Vox pourraient obtenir une majorité parlementaire. Par ailleurs, la convocation de ce scrutin par Pedro Sánchez remet en jeu le rapprochement diplomatique engagé avec Rabat en 2022, le Parti populaire refusant de s’engager à reconduire le soutien espagnol au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, tandis que la crise de Ceuta s’invite également dans les débats.

Les données institutionnelles exposent l’ampleur de la pénurie immobilière

Au-delà du choc politique, les données institutionnelles rappellent l’ampleur de la pénurie immobilière dans un pays où la propriété immobilière est historiquement très ancrée depuis l’époque de la dictature de Franco, dont le ministre du Logement affirmait vouloir « une Espagne de propriétaires ».

Espagne : le décès de Maricarmen Abascal et la crise du logement mènent aux élections
Photo : Ici Beyrouth

Cette rareté se traduit par des difficultés majeures pour les jeunes générations et les familles. Alors que l’Espagne compte plus de 27 millions de logements pour 50 millions d’habitants, l’offre ne suit plus et un peu plus de la moitié des moins de 30 ans vivaient encore chez leurs parents en 2025. À Madrid, classée parmi les villes les plus prisées pour l’immobilier de luxe par le réseau Barnes, le parc social reste extrêmement restreint avec seulement environ 10 000 logements pour 3,5 millions d’habitants, contraignant parfois l’attribution de certains logements sociaux par tirage au sort.

Les statistiques officielles font état de 25 540 expulsions en 2025 et de 4 005 expulsions supplémentaires pour le seul premier trimestre de 2026, illustrant la profondeur d’une crise sociale devenue centrale pour l’avenir politique du pays, dont l’issue dépendra du vote des électeurs le 29 novembre.

Espagne : le décès de Maricarmen Abascal et la crise du logement mènent aux élections
Photo : bluewin.ch

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.