Publié le 3 novembre 2025 à 13h49. Les récentes réflexions du député du Congrès Shashi Tharoor sur la prévalence des dynasties politiques en Inde ont ravivé les critiques de la BJP à l’approche des élections législatives dans le Bihar, mettant en lumière les tensions au sein du paysage politique indien.
- Le député Shashi Tharoor a souligné le rôle historique de la dynastie Nehru-Gandhi, tout en critiquant l’idée que le leadership politique puisse être un droit héréditaire.
- Le BJP a saisi cette occasion pour attaquer les oppositions, notamment Rahul Gandhi et Tejashwi Yadav, les qualifiant de « produits du népotisme ».
- Tharoor a élargi sa critique à d’autres partis régionaux, pointant du doigt la prédominance des familles politiques à travers le pays.
Les déclarations de Shashi Tharoor, publiées dans un article d’opinion pour Project Syndicate le 31 octobre, ont suscité une vive réaction du parti Bharatiya Janata (BJP). Le porte-parole du BJP, Shehzad Poonawalla, a dénoncé l’article comme une « attaque directe » contre les « enfants du népotisme », ciblant explicitement Rahul Gandhi, chef du Congrès, et Tejashwi Yadav, leader du Rashtriya Janata Dal (RJD). Poonawalla s’est interrogé sur les conséquences qui pourraient être prises à l’encontre de Tharoor pour ses propos jugés trop francs, partageant une capture d’écran de l’article sur son compte X le 3 novembre.
Dans son analyse, Tharoor a rappelé l’influence historique de la dynastie Nehru-Gandhi, enracinée dans la lutte pour l’indépendance de l’Inde. Il a cité Jawaharlal Nehru, Indira Gandhi, Rajiv Gandhi, Rahul Gandhi et Priyanka Gandhi Vadra comme exemples de cette lignée politique. Cependant, il a également mis en garde contre les dangers d’une telle concentration du pouvoir, affirmant que le sentiment de droit inhérent à ces dynasties peut masquer un bilan médiocre et permettre aux individus de conserver des postes de direction malgré des défaites électorales répétées.
« L’influence de la dynastie Nehru-Gandhi… est liée à l’histoire de la lutte de l’Inde pour la liberté. Mais elle a également cimenté l’idée que le leadership politique peut être un droit de naissance… »
Shashi Tharoor, député du Congrès
Tharoor, qui a affiché une position parfois divergente de celle de son parti, a également pointé du doigt d’autres formations politiques indiennes. Il a mentionné le Biju Janata Dal dans l’Odisha, le Shiv Sena dans le Maharashtra, le Samajwadi Party dans l’Uttar Pradesh, et le Lok Janshakti Party dans le Bihar, ainsi que les familles Abdullahs et Mufti au Cachemire, et les Akali Dal des Badals au Pendjab. Il a également cité des exemples au Telangana (famille K. Chandrashekhara Rao) et au Tamil Nadu (famille Karunanidhi-Staline).
L’article de Tharoor souligne un problème plus large : la prévalence du népotisme dans la politique indienne. Il a souligné qu’une enquête récente a révélé que 149 familles sont représentées par plusieurs membres dans les assemblées législatives des États, et que 11 ministres centraux et neuf ministres en chef ont également des liens familiaux. Il a également fait référence à des phénomènes similaires dans les pays voisins, tels que les Bhuttos et Sharifs au Pakistan, les familles Sheikh et Zia au Bangladesh, et les Bandaranaikes et Rajapaksas au Sri Lanka.
Tharoor a attribué ce phénomène à plusieurs facteurs, notamment la reconnaissance des noms, la crédibilité et un faible taux d’alphabétisation. Il a également suggéré que la société indienne conserve un certain degré de fidélité féodale, transférant le respect autrefois réservé aux propriétaires fonciers ou à la royauté aux dirigeants politiques actuels. Il a conclu que lorsque le pouvoir politique est déterminé par la lignée plutôt que par la compétence, la qualité de la gouvernance en souffre.
Les relations entre Tharoor et la direction du Congrès se sont tendues ces dernières années, notamment après qu’il a félicité le Premier ministre Narendra Modi pour sa nomination à un panel de sensibilisation diplomatique après l’opération contre le Pakistan.
Lire aussi | Tharoor soupçonne une « dissimulation » alors que Shah Rukh Khan fête ses 60 ans et présente des « preuves»
À ne pas manquer
