Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Dans une nouvelle alerte, les sociétés médicales condamnent le remplacement de la testostérone chez les femmes et une « puce de beauté »

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Les principales sociétés savantes brésiliennes d'endocrinologie, de gynécologie et de cardiologie mettent en garde contre l'usage non médicalisé de la testostérone chez les femmes, dénonçant un manque de preuves scientifiques justifiant son utilisation et…

Dans une nouvelle alerte, les sociétés médicales condamnent le remplacement de la testostérone chez les femmes et une « puce de beauté »

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Les principales sociétés savantes brésiliennes d’endocrinologie, de gynécologie et de cardiologie mettent en garde contre l’usage non médicalisé de la testostérone chez les femmes, dénonçant un manque de preuves scientifiques justifiant son utilisation et soulignant les risques potentiels pour la santé.

  • La Société brésilienne d’endocrinologie et de métabologie (SBEM), la Fédération brésilienne des associations de gynécologie et d’obstétrique (Febrasgo) et la Société brésilienne de cardiologie (SBC) affirment qu’il n’existe pas de déficit hormonal féminin validé nécessitant un traitement à la testostérone.
  • Aucun dosage systématique de testostérone n’est recommandé pour détecter une éventuelle carence, sauf dans le cadre de l’investigation d’un excès hormonal (hyperandrogénie).
  • L’utilisation de testostérone en dehors de son indication thérapeutique reconnue (trouble du désir sexuel hypoactif après diagnostic précis) expose à de nombreux effets indésirables, parfois graves.

Les autorités médicales brésiliennes tirent la sonnette d’alarme face à une pratique en essor : la prescription et l’utilisation de testostérone chez les femmes, souvent à des fins esthétiques ou pour lutter contre une baisse de libido perçue. Elles rappellent que la diminution naturelle de la testostérone avec l’âge est un processus physiologique, et non une pathologie à traiter.

Selon les spécialistes, la testostérone ne chute pas brutalement avec la ménopause, mais diminue progressivement tout au long de la vie adulte. Il n’existe pas, à ce jour, de valeurs de référence fiables permettant de définir un déficit androgénique féminin qui justifierait une intervention médicale.

La seule situation où une thérapie à la testostérone est scientifiquement reconnue est le traitement du trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD) chez les femmes ménopausées, et encore, après un diagnostic clinique rigoureux et une exclusion d’autres causes possibles. Les sociétés savantes insistent sur le fait que le « manque d’hormones » n’est pas une cause établie de faible libido chez la femme. Avant d’envisager un traitement hormonal, il est crucial d’évaluer et de traiter les causes plus fréquentes de diminution de la libido, telles que l’hypoestrogénie, le syndrome urogénital de la ménopause, la dépression, les effets secondaires de certains médicaments (notamment les antidépresseurs), l’obésité et les facteurs psychosociaux ou relationnels.

Par ailleurs, aucune formulation de testostérone n’est approuvée par l’Agence nationale de surveillance de la santé (Anvisa) pour une utilisation chez les femmes au Brésil. Les implants sous-cutanés manipulés, souvent proposés comme alternative, sont déconseillés en raison de leur imprévisibilité et du manque de données solides sur leur efficacité et leur sécurité.

Le Conseil fédéral de médecine (CFM) interdit formellement l’utilisation de la testostérone et d’autres stéroïdes anabolisants (gestrinone, oxandrolone) à des fins esthétiques ou pour améliorer la composition corporelle, les performances physiques, ou dans une optique anti-âge, que ce soit chez les femmes ou les hommes. Cela inclut les pratiques telles que les « puces de beauté », qui consistent en des implants contenant de la testostérone ou d’autres stéroïdes. Ces pratiques illégales présentent des risques importants pour la santé.

Les risques liés à l’utilisation non médicale de la testostérone chez la femme sont multiples et potentiellement graves : effets virilisants (acné, perte de cheveux, pilosité excessive, hypertrophie du clitoris, voix plus grave), toxicité et tumeurs hépatiques, troubles psychologiques et psychiatriques, infertilité, et répercussions cardiovasculaires (hypertension artérielle, arythmies, embolies, thromboses, crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux) et une augmentation de la mortalité. Des modifications des taux de cholestérol et de triglycérides peuvent également être observées.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.