Mis à jour le 4 janvier 2026 à 11h34. La compagnie aérienne à bas coûts Ryanair a annoncé une série de suppressions de liaisons pour 2026, principalement en raison de coûts opérationnels élevés dans certains pays européens, notamment l’Allemagne et l’Espagne.
- Ryanair va supprimer environ trois millions de sièges au total, affectant des destinations majeures en Espagne, en France, en Allemagne, en Belgique, au Portugal et dans d’autres pays.
- L’Allemagne est particulièrement touchée, avec 24 liaisons supprimées et une réduction de près de 800 000 places.
- Les hausses des taxes aéroportuaires et des frais de contrôle du trafic aérien sont les principales raisons invoquées par Ryanair pour justifier ces coupes.
La compagnie aérienne irlandaise, connue pour ses tarifs compétitifs, justifie ces décisions par des conditions économiques défavorables dans certains pays. Elle critique notamment les coûts d’accès aux aéroports, les taxes aériennes et les frais de sécurité, qu’elle juge excessifs et pénalisants pour la compétitivité.
En Allemagne, Ryanair a annoncé la suppression de 24 liaisons à destination et en provenance de neuf aéroports, dont Hambourg, Berlin, Cologne et Leipzig. Les opérations resteront suspendues à Leipzig, Dresde et Dortmund au-delà de l’hiver 2025/2026. La compagnie aérienne impute ces suppressions aux « coûts d’accès exorbitants » de l’Allemagne, contrastant avec des pays comme l’Irlande, l’Espagne et la Pologne, qui ne facturent pas de taxes aériennes ou proposent des coûts réduits pour stimuler le trafic.
« Les coûts d’accès exorbitants de l’Allemagne contrastent fortement avec ceux de pays comme l’Irlande, l’Espagne et la Pologne qui n’ont pas de taxes aériennes, ou encore la Suède, la Hongrie et l’Italie régionale, où les taxes aériennes sont supprimées parallèlement à une réduction des coûts d’accès pour stimuler le trafic, le tourisme, l’emploi et la reprise économique. »
Ryanair, communiqué de presse d’octobre 2025
En Espagne, Ryanair prévoit de supprimer environ 1,2 million de sièges pour l’été 2026, en plus d’un million de sièges déjà supprimés pour l’hiver 2025. La compagnie aérienne a notamment annoncé l’arrêt de tous les vols vers les Asturies et Vigo, ainsi que la fermeture de sa base de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les désaccords avec l’opérateur aéroportuaire espagnol Aena, concernant les augmentations des taxes et des frais d’aéroport, ainsi que les pénalités infligées par le gouvernement espagnol pour les politiques de bagages à main, sont à l’origine de ces réductions. Une enquête a été ouverte suite à ces sanctions.
La France sera également affectée par ces suppressions, avec 750 000 sièges supprimés et 25 liaisons coupées pour l’hiver 2025, notamment vers Bergerac, Brive et Strasbourg. Cependant, Ryanair a annoncé la reprise de ses vols vers Bergerac à l’été 2026, suite à des négociations avec les autorités françaises, mais les services vers Brive et Strasbourg restent suspendus. La France reste une destination importante pour Ryanair, mais la compagnie aérienne avertit que de nouvelles annulations pourraient être envisagées en 2026.
En Belgique, Ryanair supprimera 20 liaisons et un million de sièges pour l’hiver 2026/27, en raison de l’introduction d’une nouvelle taxe aérienne qui doublera le tarif à 10 € par passager. Des impôts locaux supplémentaires pourraient également être imposés à Charleroi. Les perturbations liées aux grèves pourraient également affecter les opérations.
Le Portugal verra également une réduction de sa capacité de Ryanair d’environ 22 %, avec la suppression de six liaisons vers les Açores à partir de fin mars 2026. Cette décision est due aux frais de contrôle aérien plus élevés imposés par l’opérateur portugais ANA (Vinci), ainsi qu’aux taxes européennes et à une nouvelle taxe de voyage de 2 €.
Enfin, Ryanair réduira également ses opérations en Bosnie et en Serbie à l’été 2026, en réaffectant des ressources vers des zones où la demande estivale est plus forte, comme la Croatie.
Malgré ces suppressions, des compagnies aériennes concurrentes telles que Vueling, Binter, Iberia et Wizz Air pourraient combler le vide laissé par Ryanair, limitant ainsi l’impact sur les passagers.
