La contamination des sols et des eaux par les PFAS, surnommés « polluants éternels », représente un défi environnemental et économique majeur en Europe, avec des coûts de dépollution estimés à des centaines de milliards d’euros. Face à cette crise, une nouvelle approche axée sur la régénération des ressources et l’économie circulaire émerge, privilégiant le traitement et la valorisation des terres contaminées plutôt que leur simple confinement.
Les PFAS, reconnus pour leur résistance à la chaleur et à l’eau, sont désormais liés à de graves problèmes de santé, notamment des cancers, des troubles hormonaux et des problèmes de fertilité. « On ne peut plus simplement déplacer le problème ailleurs. Le traitement des sols impactés doit devenir un levier de durabilité », souligne Eunan Kelly, responsable du développement commercial Europe du groupe CDE.
Les méthodes traditionnelles de gestion des sols contaminés – excavation, mise en décharge, incinération – s’avèrent coûteuses, énergivores et incompatibles avec les objectifs de neutralité carbone. Une approche systémique, combinant réduction des risques et création de valeur, est désormais nécessaire. Les technologies de lavage des sols, associées à des systèmes de traitement de l’eau en circuit fermé, offrent une solution prometteuse.
Ces technologies permettent de séparer les particules contaminées et de récupérer des matériaux propres, réduisant ainsi le volume de déchets dangereux et l’empreinte carbone globale. Elles ouvrent également la voie à la réutilisation des sols traités dans les secteurs de la construction et de l’aménagement du territoire. À l’heure actuelle, ces solutions permettent de valoriser jusqu’à 80 % des terres impactées, mais l’objectif affiché par CDE est d’atteindre 100 % de valorisation, en éliminant complètement les PFAS du processus.
Pour anticiper les évolutions réglementaires et relever ce défi, le secteur de la construction et du traitement des matériaux doit passer d’une logique de conformité à une logique de résilience et de régénération. L’Union européenne prépare en effet des restrictions globales sur les PFAS, ce qui aura un impact direct sur les projets de terrassement et de recyclage des sols.
La contamination aux PFAS engendre également des blocages de projets d’aménagement, des coûts économiques colossaux – Le Monde estime le coût du traitement des sols contaminés en Europe à des centaines de milliards d’euros (plusieurs centaines de milliards de dollars) – et une demande croissante en matériaux recyclés, stimulée par les objectifs de neutralité carbone.
Un événement majeur, CIRCLE 2026, se tiendra à Bruxelles les 7 et 8 mai 2026. Ce colloque ambitionne de devenir un espace de réflexion stratégique réunissant experts, décideurs, chercheurs et industriels pour accélérer la transition vers une économie circulaire, en prenant les PFAS comme étude de cas.
Robert Bilot, l’avocat dont le combat contre DuPont a inspiré le film Dark Waters (Eaux sombres), sera l’un des conférenciers principaux. « La question n’est pas seulement de savoir comment traiter les sols touchés, mais aussi comment éviter que ces crises ne se reproduisent », a déclaré Robert Bilott, associé chez Taft Stettinius & Hollister LLP et auteur de Exposition : eau empoisonnée, cupidité des entreprises et bataille de vingt ans d’un avocat contre DuPont.
« L’avenir de la construction réside dans la régénération des ressources. Traiter les sols impactés transforme une contrainte en avantage compétitif », conclut Eunan Kelly.
Pour en savoir plus sur CIRCLE 2026 : cdegroup.com/circle2026