Publié le 9 janvier 2026 à 14h22. Le Musée juif de Vienne dévoilera en 2026 un programme d’expositions ambitieux, explorant les thèmes cruciaux de la mémoire, de l’exil et du dialogue interreligieux, dans un contexte de questionnement croissant sur la responsabilité historique.
- Quatre nouvelles expositions majeures seront présentées à partir de janvier 2026.
- L’exposition « All Forgotten » interrogera les mécanismes de l’oubli et de la mémoire collective.
- Les œuvres de l’artiste israélien Eran Shakine, explorant les liens entre les religions monothéistes, seront exposées à partir de mai 2026.
Le Musée juif de Vienne s’apprête à lancer une année riche en réflexions avec un cycle de quatre expositions majeures, axées sur des questions fondamentales liées à l’histoire juive et à son impact sur le monde contemporain. Le programme, annoncé ce 9 janvier 2026, mettra en lumière la mémoire et l’oubli, l’expérience de l’exil et la perte du foyer, ainsi que la nécessité d’un dialogue interreligieux constructif.
L’exposition « All Forgotten », qui ouvrira ses portes le 28 janvier sur la Judenplatz, se propose d’analyser l’oubli non pas comme une simple absence de souvenir, mais comme un processus complexe et actif. Elle s’intéressera notamment à la politique d’extermination menée par le régime national-socialiste, dont l’objectif était non seulement l’anéantissement de la population juive, mais aussi l’effacement de toute trace de son existence. Selon un communiqué du musée, « À une époque où la responsabilité historique et la mémoire sont de plus en plus remises en question, il est important de parler des mécanismes de l’oubli et de se demander ce qui est refoulé et écrasé, ce qui est négligé et ce qui est consciemment effacé. »
À partir du 20 mai, le musée Dorotheergasse accueillera les œuvres de l’artiste israélien Eran Shakine. Ses peintures grand format, réalisées au pastel à l’huile, abordent avec humour et subtilité les similitudes et les différences entre le judaïsme, le christianisme et l’islam. Chaque toile est intitulée « Un musulman, un chrétien et un juif… », comme une amorce de dialogue ou une plaisanterie. Ses « anti-caricatures », selon l’expression du musée, visent à déconstruire les stéréotypes et à mettre en évidence les points communs qui unissent ces trois grandes religions.
L’exposition « Sans-abri », qui sera présentée à partir du 23 septembre sur la Judenplatz, se consacrera au destin des Juifs viennois contraints à l’exil après l’Anschluss. Vienne, qui abritait alors la troisième plus grande communauté juive d’Europe, est devenue un modèle en matière d’expulsion systématique. L’exposition retracera les parcours de ceux qui ont été forcés de fuir, confrontés à la perte de leur citoyenneté, de leurs biens et de leur patrie. Elle racontera leurs histoires de vie, marquées par l’émigration, la déportation et, pour beaucoup, la mort.
Enfin, à partir du 25 novembre, le musée Dorotheergasse présentera une version enrichie de l’exposition « The Tomorrowlanders », initialement présentée au Musée juif de Hohenems. Cette exposition explore l’émergence des études orientales au XIXe siècle et révèle un lien surprenant : le développement des études islamiques, arabes et orientales était étroitement lié à l’étude du judaïsme. De nombreux protagonistes de cette discipline étaient d’ailleurs des Juifs viennois, à une époque d’émancipation et de réformes.
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