Publié le 13 octobre 2025 à 09h01. Des chercheurs de l’Université de Barcelone ont identifié une combinaison médicamenteuse prometteuse pour lutter contre la stéatose hépatique, une maladie du foie de plus en plus répandue, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques plus sûres et plus efficaces.
- Une association de deux médicaments déjà approuvés réduit significativement l’accumulation de graisse dans le foie chez des modèles animaux.
- Cette découverte pourrait non seulement améliorer la santé hépatique, mais aussi diminuer le risque de maladies cardiovasculaires associées.
- La réutilisation de médicaments existants représente une approche rapide et économique pour traiter les premiers stades de la maladie.
La stéatose hépatique, également connue sous le nom de maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD), touche environ un adulte sur trois dans le monde. Caractérisée par une accumulation excessive de graisse dans les cellules hépatiques, elle peut entraîner des lésions hépatiques graves et augmenter le risque de complications cardiovasculaires. Face à la prévalence croissante de cette affection et au manque d’options thérapeutiques efficaces, les recherches se concentrent sur de nouvelles approches.
Une étude récente, publiée dans la revue Pharmacological Research, révèle qu’une combinaison de pémafibrate et de telmisartan a permis de réduire considérablement l’accumulation de graisse dans le foie chez des animaux de laboratoire. Les résultats suggèrent que cette association pourrait non seulement atténuer les lésions hépatiques, mais également limiter les risques de problèmes cardiaques et vasculaires. Cette approche se distingue par son potentiel de sécurité et d’efficacité, des atouts majeurs compte tenu des limites des traitements actuels.
La recherche a été menée par Marta Alegret, professeure à la Faculté de pharmacie et des sciences alimentaires de l’Université de Barcelone. Elle est également membre de l’Institut de biomédecine de l’UB (IBUB) et du Département CIBER de physiopathologie de l’obésité et de la nutrition (CIBEROBN). Ce travail a été réalisé en collaboration avec des scientifiques de l’Institut de recherche de l’hôpital Santa Creu i Sant Pau, de l’Hôpital Clínic de Barcelone, de la Division CIBER des maladies cardiovasculaires (CIBERCV) et de l’Université d’Uppsala (Suède).
L’équipe de recherche a misé sur la réutilisation de médicaments, une stratégie consistant à identifier de nouvelles applications pour des molécules déjà approuvées pour un usage médical. Cette approche présente plusieurs avantages : elle est plus rapide et moins coûteuse que le développement de nouveaux médicaments, et elle est particulièrement adaptée au traitement des premiers stades de la MASLD, souvent asymptomatiques.
« Nous nous sommes concentrés sur ces phases pour éviter que la maladie n’évolue vers des stades plus graves. Mais pour qu’un médicament soit utilisé à ces stades précoces, il doit avoir un bon profil de sécurité chez l’homme. »
Marta Alegret, professeure à la Faculté de pharmacie et des sciences alimentaires de l’Université de Barcelone
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