Publié le 10 octobre 2025 05:33:00. Des chercheurs ont réussi à visualiser la structure de deux protéines clés du parasite responsable du paludisme, une avancée majeure qui pourrait ouvrir la voie à de nouveaux vaccins capables d’empêcher la transmission de la maladie par les moustiques.
- L’étude, menée par des équipes des centres médicaux universitaires Radboud et de Toronto, s’appuie sur l’analyse de millions d’images microscopiques.
- Les protéines ciblées, découvertes dans les années 1980, sont difficiles à étudier en raison de leur complexité.
- Cette découverte permet de mieux comprendre comment le parasite infecte les moustiques et de concevoir des vaccins plus efficaces.
Le paludisme, une maladie parasitaire qui sévit depuis l’Antiquité, continue de menacer près de la moitié de la population mondiale. Bien que deux vaccins aient récemment été mis à disposition, leur efficacité est limitée et ils ne bloquent pas la transmission du parasite par les moustiques. C’est pourquoi la communauté scientifique se concentre sur le développement de nouvelles stratégies vaccinales.
Pour parvenir à visualiser ces protéines, les chercheurs ont dû cultiver un nombre impressionnant de parasites, atteignant trente milliards d’individus, sur une période de six mois. Ils ont ensuite extrait les protéines et utilisé la cryomicroscopie électronique, une technique de pointe permettant d’obtenir des images au niveau atomique grâce à un microscope capable de grossir jusqu’à 130 000 fois.
« Ces protéines ont été découvertes dans les années 1980, mais nous ne savions pas encore vraiment à quoi elles ressemblaient », explique Ezra Bekkering, doctorant au Radboudumc.
« C’est parce qu’ils sont difficiles à produire. »
Ezra Bekkering, doctorant au Radboudumc
Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue Immunity, révèlent que ces protéines sont impliquées dans la reproduction sexuée du parasite et se situent à sa surface, ce qui en fait des cibles potentielles pour les vaccins. « Elles font partie d’un complexe situé à la surface du parasite du paludisme et sont spécifiques à cet agent pathogène. Cela en fait une cible appropriée pour les vaccins », précise Matthijs Jore, chercheur impliqué dans l’étude.
Grâce à la connaissance de la structure tridimensionnelle de ces protéines, les scientifiques peuvent désormais mieux comprendre comment le parasite infecte les moustiques et comment des anticorps spécifiques pourraient bloquer son développement. Cette avancée ouvre de nouvelles perspectives pour la conception de vaccins plus performants et pourrait contribuer à l’éradication de cette maladie mortelle.
« Si vous ne savez pas à quoi ressemble quelque chose, il est difficile de s’en protéger. Les structures élucidées offrent de nouvelles opportunités pour de meilleurs vaccins contre le paludisme. »
Matthijs Jore, chercheur
Source:
Référence du journal :
Bekkering, E.T. et coll. (2025). La structure cryo-EM du complexe endogène Pfs230:Pfs48/45 avec six anticorps révèle les mécanismes de l’activité de blocage de la transmission du paludisme. Immunity. doi.org/10.1016/j.immuni.2025.09.014
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