Publié le 23 octobre 2023 14h30. Des affrontements violents ont éclaté mardi à La Paz entre des manifestants, principalement des mineurs, et les forces de l’ordre, après l’annonce de la suppression des subventions publiques sur le carburant en Bolivie.
- Au moins quatre policiers ont été blessés lors des heurts près de la Plaza Murillo, le cœur politique du pays.
- Les manifestants, affiliés à la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB), ont tenté de forcer les barrages de sécurité et ont utilisé des pétards et de la dynamite.
- Le gouvernement bolivien défend cette mesure comme financièrement nécessaire, tandis que les syndicats dénoncent une attaque contre le pouvoir d’achat des citoyens.
La décision de supprimer les subventions sur l’essence et le diesel, en vigueur depuis plus de deux décennies, a provoqué une vague de protestations à travers le pays. Le Décret suprême 5503, qui officialise cette mesure, entraîne une augmentation de 86 % du prix de l’essence et de 162 % du prix du diesel.
Les affrontements les plus intenses se sont déroulés dans le centre historique de La Paz, notamment sur les rues Yanacocha, Comercio, Socabaya et Potosí. La police a riposté en utilisant des gaz lacrymogènes et du spray au poivre pour disperser les manifestants et empêcher l’accès à la Plaza Murillo, où se trouvent le Palais du Gouvernement et le Congrès.
Selon un policier sur place, « Ils ont fait exploser de la dynamite ; une évaluation médicale sera effectuée pour déterminer les causes des blessures et le transfert en ambulance a déjà été activé. »
Après avoir été dispersés, les manifestants se sont repliés sur l’avenue Mariscal Santa Cruz, bloquant la circulation pendant plusieurs heures et perturbant l’activité commerciale.
Andrés Paye, le représentant de la Fédération syndicale bolivienne des travailleurs miniers, a affirmé que la mobilisation était pacifique et a imputé les violences aux forces de sécurité.
« Nous disons au gouvernement et à la police de ne pas gazer. Nous sommes là et ils provoquent. »
Andrés Paye, représentant de la Fédération syndicale bolivienne des travailleurs miniers
Il a justifié l’utilisation d’explosifs comme une réaction défensive.
Les protestations ne se sont pas limitées à La Paz. À El Alto, ville voisine et bastion syndical, des groupes de voisins ont bloqué la route menant à Oruro. Dans le département de Chuquisaca, des secteurs paysans ont également mis en place des barrages routiers.
La COB a appelé à une grève générale illimitée, bien que son impact soit pour l’instant mitigé.
Ce conflit social représente le premier défi majeur pour le président Luis Arce depuis son investiture le 8 novembre. Le Bureau du médiateur a été déployé pour tenter de désamorcer la situation, tandis que les commerçants du centre-ville expriment leur inquiétude face aux pertes économiques potentielles, à l’approche des fêtes de fin d’année.
(Avec informations de l’EFE)
