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Découverte d’une nouvelle maladie génétique du développement neurologique

by Sophie Martin

Publié le 5 novembre 2025 16:52:00. Des chercheurs ont identifié une maladie génétique ultra-rare affectant le développement neurologique, grâce à une collaboration internationale et à l’utilisation d’outils de génomique de pointe. Cette découverte offre enfin un diagnostic à des patients qui attendaient des réponses depuis plus de dix ans.

  • Une nouvelle maladie génétique, causée par des mutations du gène RPS6KC1, a été identifiée chez 13 personnes issues de huit familles différentes à travers le monde.
  • Les manifestations de cette maladie sont très variées, allant de déficiences neurologiques sévères à des troubles cognitifs ou comportementaux plus légers.
  • L’identification du gène responsable ouvre la voie à de futures recherches et à la possible mise au point de traitements.

Une équipe de l’IDIBELL (Institut d’Investigación Biomédica de Bellvitge) en Espagne, en collaboration avec des centres de recherche et des hôpitaux d’Espagne, des États-Unis, d’Italie, d’Allemagne, du Royaume-Uni, d’Iran, de Finlande, d’Estonie, du Pakistan et de Turquie, a réussi à identifier la cause génétique d’une maladie neurologique rare jusqu’alors non diagnostiquée. La découverte, récemment publiée dans le American Journal of Human Genetics, a été rendue possible grâce au séquençage du génome et à l’application de nouveaux outils de génomique clinique et d’algorithmes informatiques développés par l’équipe de l’IDIBELL.

Les mutations ont été détectées chez 13 individus issus de 8 familles sans lien de parenté. Parmi ces patients, l’un a été suivi à l’hôpital universitaire Bellvitge en Espagne par le Dr Valentina Vélez de Santamaría, neurologue et co-auteure de l’étude.

Les manifestations cliniques de cette maladie sont particulièrement hétérogènes. Les altérations du gène RPS6KC1 se traduisent par un large éventail de troubles neurologiques, allant de formes congénitales incompatibles avec la vie à une paraplégie spastique associée à des problèmes neurodéveloppementaux, légers ou sévères. Certains patients présentent uniquement des troubles cognitifs ou comportementaux, sans atteinte motrice. Il a été observé que la majorité des patients de l’étude partagent des symptômes similaires à ceux observés dans le syndrome de Coffin-Lowry, une autre maladie génétique rare causée par une mutation d’un gène apparenté, RPS6KA3.

Identifier le gène responsable d’une maladie rare est une avancée majeure, car cela permet non seulement de poser un diagnostic précis, mais aussi d’ouvrir la voie à de nouvelles recherches.

« Connaître le gène et son fonctionnement dans un organisme sain est essentiel pour comprendre ce qui ne va pas lorsqu’il est muté, et connaître cela nous rapproche de la recherche de stratégies thérapeutiques efficaces pour les patients atteints de cette maladie. »

Dr Pujol, directeur de l’étude, généticien et chef du groupe de recherche en maladies neurométaboliques d’IDIBELL, ainsi que chercheur chez CIBERER

Pour le Dr Vélez de Santamaría, l’impact sur les patients est primordial.

« De plus, donner le nom et le prénom de la personne responsable de cette nouvelle maladie permet de poser un diagnostic génétique à des patients qui n’avaient pas eu de réponse claire depuis des années, en l’occurrence plus de 10, et c’est très gratifiant. »

Dr Valentina Vélez de Santamaría, neurologue à l’hôpital Bellvitge

Le Dr Pujol souligne également l’importance des programmes d’amélioration du diagnostic.

« Les programmes visant à améliorer le diagnostic des patients qui n’en avaient pas jusqu’à présent, comme IMPaCT Genomics, nous rapprochent d’une société plus juste et plus égalitaire. Bien qu’il y ait très peu de patients dans le monde touchés par des maladies comme celle-ci, les familles ont le même droit à des soins de santé de qualité que le reste d’entre nous. Et le diagnostic est la première étape. »

Dr Pujol

Le gène RPS6KC1 code pour une protéine appartenant à la famille RSK, impliquée dans la croissance cellulaire, la prolifération et la régulation de la synthèse protéique, ainsi que dans le développement neurologique. Les chercheurs ont identifié d’autres patients porteurs de mutations du même gène grâce à GeneMatcher, une plateforme en ligne facilitant la mise en relation de cliniciens et de chercheurs du monde entier.

Pour mieux comprendre l’impact de ces mutations, les chercheurs ont analysé des biopsies cutanées de patients et étudié des modèles expérimentaux présentant la même altération génétique. Ces analyses ont révélé que les mutations affectent la synthèse des protéines et le métabolisme des lipides, tout en entraînant une diminution de l’abondance des ribosomes.

Cette recherche, fruit d’une collaboration entre la recherche biomédicale et la clinique de santé du Bellvitge Health Campus, a été financée par des fonds publics de l’Institut de santé Carlos III, par le programme IMPaCT Genomics et par des fonds du Marathon TV3 des maladies minoritaires.

« Je ne peux pas penser à une meilleure utilisation des fonds publics que ce type de projet, où nous répondons aux patients qui attendent depuis plus de 10 ans et en même temps nous contribuons à l’avancement de la science sur le fonctionnement du cerveau. »

Dr Álvarez Pujol

Référence:

Laura Planas-Serra et al. Bi-allelic variants in ribosomal protein RPS6KC1 cause a complex neurodevelopmental disorder. American Journal of Human Genetics, 2025.

Source: IDIBELL

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