Home Technologie et scienceDécouvrez si votre partenaire vous est infidèle grâce à cette astuce : vous n’avez besoin que de sa photo et d’un téléphone portable

Découvrez si votre partenaire vous est infidèle grâce à cette astuce : vous n’avez besoin que de sa photo et d’un téléphone portable

by Thomas Caron

Publié le 25 juillet 2025 à 18h30. La technologie offre de nouvelles armes dans la lutte contre l’infidélité, mais soulève également des questions cruciales concernant la vie privée et la sécurité des données personnelles.

  • Une application, Cheater Buster, utilise désormais la reconnaissance faciale pour identifier les profils sur les applications de rencontres.
  • Le service, accessible pour 20 USD, permet de vérifier si un partenaire est présent sur des plateformes comme Tinder sans avoir besoin d’un compte personnel.
  • Des experts mettent en garde contre les risques de harcèlement et de violation de la vie privée liés à l’utilisation de ces technologies.

L’infidélité, un fléau relationnel séculaire, trouve de nouvelles manifestations à l’ère numérique. Les applications de rencontres sont devenues un terrain propice aux aventures extraconjugales, mais aussi un outil pour démasquer les trompeurs. Une application en particulier, Cheater Buster, se positionne comme un détecteur d’infidélité de nouvelle génération, en intégrant désormais la reconnaissance faciale à ses fonctionnalités.

Lancée initialement en 2016 sous le nom de Swipebuster, cette application répond à un besoin croissant de transparence et de vérification dans les relations amoureuses. Son fonctionnement repose sur la saisie de quelques informations clés : le nom, l’âge approximatif et la localisation de la personne suspectée. La nouveauté réside dans la possibilité de télécharger une photographie, permettant à l’algorithme, alimenté par l’intelligence artificielle, de rechercher des correspondances visuelles sur les applications de rencontres, Tinder étant la cible principale.

Selon les développeurs, le taux de précision de cette méthode avoisine les 97 à 99 %. Une fois un profil potentiellement correspondant identifié, l’utilisateur peut accéder à des informations détaillées, telles que la date de dernière connexion, la localisation géographique de l’utilisation de l’application, la date de création du compte et même le type d’abonnement (par exemple, Tinder Gold ou Platinum). L’ensemble de ces données est accessible contre un paiement de 20 USD, sans nécessiter de compte personnel sur l’application de rencontres visée.

Cheater Buster offre également des options de filtrage avancées. Si les informations initiales s’avèrent inexactes, le système propose des profils similaires en termes de nom et d’âge. Un mode de recherche plus large permet même d’afficher tous les profils correspondant à une tranche d’âge donnée, augmentant ainsi les chances de trouver la personne recherchée.

Cependant, l’utilisation de telles applications n’est pas sans risques. Une étude intitulée « Je ne suis pas à vendre » souligne que de nombreux jeunes utilisateurs ne sont pas pleinement conscients de l’étendue du partage de leurs données personnelles, notamment en ce qui concerne leur localisation géographique. Le débat éthique s’intensifie lorsque la recherche est effectuée sans le consentement de la personne concernée.

Les experts en protection de la vie privée mettent en garde contre le danger de télécharger des photographies de tiers vers des bases de données de reconnaissance faciale. En Europe, une telle pratique, sans autorisation explicite, est considérée comme une violation du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), les données biométriques étant classées comme particulièrement sensibles.

« Une application qui vous permet de trouver des profils de rencontres et la localisation générale d’une personne uniquement sur la base d’une photo est un excellent outil pour les harceleurs. »

Eva Galperin, directrice de la cybersécurité à l’Electronic Frontier Foundation

Selon Eva Galperin, ces services, commercialisés sous couvert de « détection de l’infidélité », peuvent être détournés à des fins malveillantes, notamment dans des contextes de violence conjugale ou de harcèlement. Les développeurs de Cheater Buster affirment que leur politique de confidentialité est minimaliste et qu’ils ne stockent pas de données sensibles au-delà d’une adresse e-mail, mais le risque d’exposition et de violation de la vie privée demeure.

La facilité d’accès – une simple connexion internet et une adresse e-mail suffisent – multiplie les risques d’utilisation abusive ou massive de cette technologie. Le danger ne concerne pas seulement les personnes en couple, mais toute personne disposant d’un profil sur une application de rencontres, qui pourrait devenir la cible d’un suivi non autorisé.

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