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Défense pare-balles : atténuer les risques liés aux fournisseurs d’hébergement à toute épreuve

by Amélie Bernard

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Les agences de cybersécurité américaines et leurs partenaires internationaux mettent en garde contre la prolifération de fournisseurs d’hébergement à toute épreuve (BPH) qui facilitent les cyberattaques, notamment les rançongiciels, en offrant une infrastructure impunie aux criminels.

  • Un groupe de travail inter-agences a identifié une augmentation de l’utilisation de ces fournisseurs par des acteurs malveillants ciblant des infrastructures critiques et des institutions financières.
  • Les recommandations se concentrent sur l’établissement de listes de ressources Internet malveillantes et la mise en œuvre de filtres, tout en tenant compte de l’impact potentiel sur le trafic légitime.
  • Les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) sont encouragés à renforcer leurs procédures de vérification des clients et à adopter des normes de responsabilité à l’échelle du secteur.

Face à la menace croissante des cyberattaques, un groupe de travail conjoint (JRTF) mis en place par le Congrès américain, dans le cadre de la loi sur la déclaration des incidents cybernétiques pour les infrastructures critiques de 2022 (CIRCIA), alerte sur le rôle joué par les fournisseurs d’hébergement à toute épreuve (BPH). Ces entités louent intentionnellement leur infrastructure à des cybercriminels, leur offrant un refuge en toute impunité.

Selon les agences impliquées – la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA), la National Security Agency (NSA), le FBI, ainsi que leurs homologues australien (ACSC de l’ASD), canadien (CyberCentre), néerlandais (NCSC-NL), néo-zélandais (NCSC-NZ) et britannique (NCSC-UK) – l’activité des BPH a considérablement augmenté. Ils soutiennent des opérations cybernétiques ciblant des infrastructures critiques, des institutions financières et d’autres cibles de grande valeur.

Un fournisseur d’HBP est défini comme un fournisseur d’infrastructure Internet qui commercialise et loue sciemment son infrastructure à des cybercriminels. Ces fournisseurs se distinguent par leur refus de coopérer de bonne foi avec les procédures légales, telles que les assignations à comparaître ou les ordonnances judiciaires, et les demandes de retrait d’un tiers ou d’une victime. Certains imposent des exigences documentaires excessives avant de traiter une demande de retrait, garantissant ainsi la pérennité de l’activité illégale hébergée sur leur infrastructure.

Les BPH offrent aux cybercriminels une infrastructure présentée comme « à l’épreuve des balles », leur permettant d’obscurcir leurs activités grâce à des techniques de flux rapide, de déployer des logiciels malveillants, de mener des attaques de phishing et d’héberger des contenus illicites. Ils sont impliqués dans diverses activités malveillantes, notamment les rançongiciels, l’extorsion de données et les attaques par déni de service (DoS).

L’atténuation de ces activités est complexe, car l’infrastructure des BPH est souvent intégrée aux systèmes d’infrastructure Internet légitimes. Bloquer l’ensemble d’un système autonome (AS) peut s’avérer inefficace et avoir un impact sur le trafic légitime. Les cybercriminels répartissent souvent leur infrastructure sur plusieurs AS pour éviter la détection, et les BPH peuvent rapidement migrer vers de nouveaux ASN (numéros de système autonome) pour échapper aux filtres défensifs.

Les agences recommandent donc une approche nuancée, basée sur l’établissement de listes de ressources Internet malveillantes de « haute confiance » et la mise en œuvre de filtres dynamiques. Il est crucial d’analyser le trafic réseau pour identifier les activités aberrantes et de partager les renseignements sur les menaces avec la communauté via des canaux publics et privés, comme le Centre de partage et d’analyse des informations sur les communications (COMM-ISAC).

Les FAI et les défenseurs des réseaux sont encouragés à configurer des systèmes de journalisation centralisés pour détecter le trafic associé à ces ressources malveillantes et à mettre en place des processus de rétroaction pour traiter les demandes concernant les ressources bloquées. Il est également recommandé d’utiliser des fournisseurs en amont qui adoptent des principes de sécurité dès la conception.

Les FAI, en particulier, peuvent jouer un rôle essentiel en informant leurs clients des risques associés à ces ressources malveillantes, en proposant des options de filtrage et en élaborant des normes de responsabilité à l’échelle du secteur. Cela inclut le renforcement des procédures de vérification des clients, en collectant des informations identifiables et en validant leurs coordonnées, afin de rendre plus difficile l’accès à l’infrastructure pour les BPH. Enfin, la mise en œuvre des bonnes pratiques de sécurité du routage Internet, telles que celles relatives au détournement du Border Gateway Protocol (BGP), est essentielle.

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