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Définition standardisée et approches thérapeutiques plus intelligentes nécessaires pour les exacerbations de rhinosinusite chronique aiguë

Publié le 30 décembre 2025 à 15h03. Les exacerbations aiguës de rhinosinusite chronique (AECRS) sont trop souvent mal diagnostiquées et traitées de manière inappropriée avec des antibiotiques et des corticostéroïdes, selon une récente revue d'experts. Une meilleure définition…

Définition standardisée et approches thérapeutiques plus intelligentes nécessaires pour les exacerbations de rhinosinusite chronique aiguë

Publié le 30 décembre 2025 à 15h03. Les exacerbations aiguës de rhinosinusite chronique (AECRS) sont trop souvent mal diagnostiquées et traitées de manière inappropriée avec des antibiotiques et des corticostéroïdes, selon une récente revue d’experts. Une meilleure définition et une approche plus ciblée pourraient améliorer la prise en charge des patients et réduire l’utilisation inutile de médicaments.

  • Les AECRS sont fréquemment mal définies, conduisant à des diagnostics incohérents et à des traitements inadaptés.
  • L’utilisation excessive d’antibiotiques et de corticostéroïdes systémiques est remise en question, en raison de preuves limitées de leur efficacité et de leurs effets secondaires potentiels.
  • Une nouvelle définition réglementaire des AECRS offre un cadre plus clair, mais doit être complétée par une meilleure compréhension de la physiopathologie de la maladie.

La rhinosinusite chronique (SRC), qui affecte des millions d’adultes, se manifeste par une congestion nasale, une pression faciale, un écoulement nasal et une perte d’odorat. Si la SRC est une affection persistante et inflammatoire, de nombreux patients connaissent des périodes d’aggravation des symptômes, appelées exacerbations aiguës de rhinosinusite chronique (AECRS). Jusque récemment, ces poussées manquaient d’une définition formelle, ce qui a compliqué la recherche et la pratique clinique.

Selon une analyse publiée dans Current Allergy and Asthma Reports, l’absence de critères diagnostiques uniformes a limité la fiabilité des études sur les AECRS et entravé l’évaluation de l’efficacité des traitements. De nombreuses études se basent sur la prescription d’antibiotiques ou de corticostéroïdes systémiques (SCS) pour identifier une exacerbation, mais des données récentes montrent que ces prescriptions ne reflètent qu’une partie des épisodes réels. Une étude de 2025, citée dans la revue, a révélé que les patients signalaient en moyenne 4,2 épisodes d’AECRS sur six mois, mais ne recevaient des antibiotiques ou des stéroïdes que 1,6 fois pendant cette période. Cela signifie que les deux tiers des exacerbations ne sont pas pris en charge par des médicaments.

Une définition réglementaire récemment acceptée, utilisée dans les essais REOPEN, définit l’AECRS comme une aggravation aiguë d’un ou plusieurs symptômes cardinaux de la SRC pendant au moins trois jours, accompagnée d’une intensification du traitement (antibiotiques, SCS ou consultation médicale). Cependant, les auteurs soulignent que cette définition reste axée sur le traitement et ne tient pas pleinement compte des patients qui optent pour une surveillance attentive ou l’autogestion.

La revue synthétise également les recherches émergentes sur les mécanismes de l’AECRS, suggérant que les exacerbations impliquent une interaction complexe entre des facteurs viraux, une prolifération bactérienne, des modifications du microbiome sinonasal et une dérégulation immunitaire. Des marqueurs inflammatoires élevés, tels que l’IL-5, l’IL-6, le VEGF et la protéine basique majeure des éosinophiles, ont été observés lors des exacerbations. Les analyses du microbiome révèlent souvent une augmentation de la présence d’agents pathogènes tels que le Staphylococcus aureus, le Pseudomonas aeruginosa et les espèces de Streptococcus. Les infections virales, notamment le rhinovirus et la grippe, semblent également jouer un rôle important.

« Il semble que les virus et les bactéries jouent un rôle dans le développement de l’AECRS », ont écrit les chercheurs. « Les infections virales peuvent créer une hyperréactivité et un état inflammatoire persistants de la muqueuse nasosinusienne et du microbiome, ce qui conduit à une susceptibilité accrue aux infections bactériennes, qui sont finalement responsables de l’aggravation aiguë des symptômes des patients. »

Les AECRS ont un impact significatif sur la qualité de vie des patients, entraînant des absences au travail, des consultations urgentes, des visites aux urgences et des endoscopies nasales répétées. L’utilisation excessive d’antibiotiques et de stéroïdes augmente les coûts et expose les patients à des risques importants, notamment des infections, des thromboembolies veineuses, des fractures et la résistance aux antimicrobiens. Malgré ces risques, de nombreux médecins prescrivent ces médicaments par habitude, faute de directives claires et de la nécessité de soulager rapidement les symptômes.

Les preuves de l’efficacité des antibiotiques dans le traitement des AECRS sont limitées. Une étude en double aveugle n’a révélé aucune différence significative entre les patients traités par amoxicilline-clavulanate et ceux recevant un placebo, les deux groupes recevant également des stéroïdes intranasaux et des lavages salins. De plus, les études bactériologiques montrent des taux élevés de résistance aux antibiotiques, avec près de la moitié des isolats d’AECRS présentant une certaine résistance et un nombre important produisant de la β-lactamase.

Les auteurs de la revue soulignent l’importance d’une prescription plus sélective, d’une thérapie guidée par les résultats des cultures bactériennes et d’une recherche plus approfondie sur des alternatives telles que la thérapie par bactériophage.

Références

1. Frederick RM, Lam K, Han JK. Exacerbations aiguës de rhinosinusite chronique. Current Allergy and Asthma Reports. Publié en ligne le 20 décembre 2025. doi:10.1007/s11882-025-01239-0

2. Palmerrr JN, Adappa ND, Chandra RK et al. Efficacité de l’EDS-FLU pour la rhinosinusite chronique : deux essais contrôlés randomisés (ReOpen1 et ReOpen2). 2024;12(4):1049-1061. doi:10.1016/j.jaip.2023.12.016

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.