Publié le 12 janvier 2026 à 04h49. Des rencontres secrètes entre des responsables vénézuéliens, russes et américains ont eu lieu à Doha, au Qatar, soulevant des questions sur de possibles négociations concernant l’avenir du Venezuela et son président.
- L’ancienne vice-présidente vénézuélienne, désormais présidente Delcy Rodríguez, a rencontré à plusieurs reprises le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le PDG de Rosneft, Igor Setchine, à Doha.
- Des agents de la CIA, dont l’identité reste inconnue, ont également participé à ces réunions discrètes.
- Le Qatar, malgré son soutien à des causes controversées, se positionne comme un terrain neutre pour des négociations de haut niveau entre des pays sans relations diplomatiques officielles.
Depuis septembre dernier, Delcy Rodríguez a multiplié les rencontres confidentielles à l’hôtel Four Seasons de Doha. Outre Sergueï Lavrov, elle a échangé avec Igor Setchine, le puissant patron de la compagnie pétrolière russe Rosneft. Des représentants de la CIA ont également été aperçus, leur identité étant gardée sec, même au sein des services américains. Alors que Lavrov et Rodríguez utilisent leurs noms réels pour leurs réservations, Setchine préfère recourir à un pseudonyme, signe d’une volonté de discrétion accrue.
Ces rencontres, qui se sont déroulées en parallèle de discussions officielles dans les bâtiments gouvernementaux qataris jusqu’à la veille de Noël, semblent avoir pour but de débloquer des points de friction lors des négociations. Le Qatar, bien que connu pour son soutien financier à des organisations comme le Hamas et l’Iran, se présente comme un médiateur efficace grâce à sa “diplomatie douce”. Son indépendance financière, due à ses vastes ressources pétrolières et son revenu par habitant élevé, lui confère une crédibilité particulière en tant que territoire neutre.
Les relations entre le Qatar, Israël et les États-Unis sont plus étroites qu’il n’y paraît, ce qui renforce son rôle de facilitateur. Contrairement aux Émirats arabes unis et à l’Arabie saoudite, la prospérité du Qatar ne dépend pas des relations commerciales avec les États-Unis, ce qui lui permet de jouer un rôle d’intermédiaire plus impartial.
L’enjeu de ces pourparlers reste flou. On ignore si Delcy Rodríguez négocie au nom du gouvernement vénézuélien en place, en cherchant une issue pour le président déchu qui lui garantirait la survie, ou si elle travaille à un accord avec les États-Unis – sous l’égide de la Russie et de proches de Vladimir Poutine – pour organiser la capture du dirigeant actuel et préparer une transition démocratique au Venezuela.
