Publié le 5 janvier 2026 à 15h03. La Haute Cour de Delhi a rendu une ordonnance élargissant les pouvoirs de blocage des sites web de piratage, en réponse à une action collective menée par les géants du divertissement Warner Bros., Netflix, Disney et d’autres. Cette décision vise à lutter contre la prolifération du piratage en ligne en Inde, en permettant une action plus rapide et plus efficace contre les sites illégaux.
- Une injonction dite « Dynamic+ » a été accordée, permettant de bloquer automatiquement les sites miroirs et les nouvelles adresses des sites de piratage.
- L’ordonnance cible 47 sites web accusés de diffuser illégalement des films et des séries télévisées.
- Les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) et les bureaux d’enregistrement de noms de domaine (DNR) sont tenus de coopérer pour mettre en œuvre le blocage.
La Haute Cour de Delhi a renforcé ses outils juridiques pour lutter contre le piratage en ligne, en accordant une injonction « Dynamic+ » à un groupe de grandes entreprises de divertissement. Cette décision, rendue le 18 décembre 2025, fait suite à une plainte déposée par Warner Bros. Entertainment Inc., Netflix, Disney Enterprises, Apple Inc. et Crunchyroll LLC, qui dénonçaient une violation massive de leurs droits d’auteur.
Les plaignants, membres de la Motion Picture Association et/ou de l’Alliance pour la créativité et le divertissement, ont accusé 47 sites web de proposer en streaming et en téléchargement non autorisés des films et des séries télévisées dont ils détiennent les droits exclusifs. L’ordonnance du juge Tejas Karia enjoint non seulement de bloquer ces sites, mais également de suspendre et de bloquer l’accès à leurs variantes, redirigements et adresses alphanumériques, afin d’empêcher les opérateurs de piratage de contourner les mesures de blocage.
Selon l’ordonnance, les plaignants ont d’abord tenté de résoudre le problème à l’amiable en envoyant des avis de retrait aux sites web contrefaisants le 5 décembre 2025. Face à l’absence de réaction, ils ont saisi la Haute Cour pour obtenir des mesures provisoires urgentes. Le juge Karia a estimé que les preuves présentées démontraient que les sites web en question « proposaient en temps réel de visualiser et de télécharger les œuvres protégées par le droit d’auteur des plaignants, sans leur consentement ou une licence valide », causant ainsi un préjudice financier important aux ayants droit.
L’injonction « Dynamic+ » représente une évolution significative dans la lutte contre le piratage en ligne en Inde. Les tribunaux indiens ont développé ces injonctions dynamiques pour répondre à un problème récurrent : la capacité des sites de piratage à se réinventer rapidement en utilisant de nouveaux noms de domaine ou des adresses miroirs. Une première étape importante avait été franchie en 2019 avec l’affaire UTV Software Communication Ltd. c. 1337X.to, qui avait reconnu l’insuffisance des ordonnances de blocage statiques face à cette pratique. La première injonction dynamique de l’Inde avait alors été émise.
En août 2023, le juge Pratibha Singh avait formalisé l’injonction Dynamic+, permettant aux titulaires de droits d’ajouter facilement des variantes de sites illégaux à la liste des sites à bloquer, et d’obtenir un blocage quasi immédiat. L’injonction Dynamic+ a été formulée, offrant une solution plus efficace contre le piratage.
Cette ordonnance s’inscrit dans une série de décisions similaires rendues par la Haute Cour de Delhi en 2024 et 2025, notamment en faveur de Warner Bros., JioStar et DAZN. Ces décisions impliquent généralement la suspension des noms de domaine, le blocage par les FAI et la coopération des DNR pour identifier et neutraliser les opérateurs de ces sites.
Cette décision est importante car elle témoigne de l’adaptation du système judiciaire indien face à un environnement numérique en constante évolution, où le piratage se manifeste sous des formes toujours plus sophistiquées. En accordant une injonction Dynamic+, la Haute Cour de Delhi a réduit le temps de réaction face à la prolifération des sites illégaux, un délai qui avait longtemps compromis l’efficacité des mesures de blocage. Les ayants droit n’auront plus à engager de nouvelles procédures à chaque fois qu’un site bloqué réapparaît sous un nouveau domaine, une tactique fréquemment utilisée par les pirates.
Parallèlement, cette ordonnance renforce les responsabilités des intermédiaires, tels que les DNR et les FAI, qui doivent désormais réagir rapidement aux demandes de blocage. Le Département des télécommunications (DoT) et le Ministère de l’électronique et des technologies de l’information (MeitY) sont également impliqués dans le processus, en facilitant la communication avec les FAI. Cette évolution intègre la lutte contre le piratage dans un cadre plus large de gouvernance d’Internet en Inde.
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