Publié le 25 novembre 2025 à 13h00. Une mutation génétique rare observée chez certaines personnes atteintes du syndrome de Down pourrait offrir une protection inattendue contre la maladie d’Alzheimer, en améliorant le fonctionnement des cellules immunitaires du cerveau.
- Des chercheurs ont identifié une mutation, CSF2RB A455D, qui semble renforcer l’efficacité des microglies, les cellules immunitaires du cerveau.
- Les personnes atteintes du syndrome de Down, qui présentent un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer, pourraient bénéficier de cette mutation protectrice.
- Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques ciblant le système immunitaire pour lutter contre la maladie d’Alzheimer.
Les personnes atteintes du syndrome de Down présentent un risque particulièrement élevé de développer la maladie d’Alzheimer, avec l’apparition des premiers symptômes souvent vers l’âge de 50 ou 60 ans. Ce risque est lié à la présence d’une copie supplémentaire du chromosome 21, qui contient le gène codant pour la protéine précurseur de la bêta-amyloïde, une protéine impliquée dans la formation des plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Cependant, des études récentes ont montré que certaines personnes atteintes du syndrome de Down ne développent pas la démence, suggérant l’existence de facteurs protecteurs.
Une équipe de chercheurs de l’Université Rutgers, dirigée par Mengmeng Jin, a identifié une mutation rare, nommée CSF2RB A455D, présente dans les microglies de certains individus atteints du syndrome de Down. Les microglies sont des cellules immunitaires spécialisées qui jouent un rôle crucial dans la protection du cerveau contre les agents pathogènes et l’élimination des déchets cellulaires. Pour tester l’impact de cette mutation, les chercheurs ont introduit le gène muté dans des microglies humaines cultivées en laboratoire, puis les ont transplantées dans le cerveau de souris. Les résultats ont été surprenants : les microglies mutées se sont révélées plus efficaces pour dégrader les protéines amyloïdes et protéger les cellules nerveuses, tout en réduisant l’inflammation.
Des analyses comparatives entre des microglies humaines mutées et non mutées ont confirmé ces observations. Les cellules non mutées ont vu leur capacité à fonctionner diminuer avec le temps, tandis que les microglies mutées ont maintenu leur efficacité, même lorsqu’elles provenaient de personnes sans syndrome de Down. Ces résultats, publiés dans la revue Nature Neuroscience, suggèrent que la mutation CSF2RB A455D pourrait renforcer la résilience des microglies face aux processus pathologiques de la maladie d’Alzheimer.
Les chercheurs espèrent que ces découvertes pourront conduire au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. Au lieu de cibler directement les plaques amyloïdes, ces traitements pourraient viser à stimuler le système immunitaire pour qu’il combatte plus efficacement la maladie. Cette approche pourrait offrir une nouvelle perspective dans la lutte contre cette pathologie neurodégénérative complexe.
