Publié le 16 novembre 2023 10h15. La standardisation des pièces en NASCAR, introduite en 2022 pour maîtriser les coûts, est de plus en plus critiquée par les équipes et les pilotes, qui dénoncent une perte de compétitivité et d’autonomie technique.
- Denny Hamlin, pilote de Joe Gibbs Racing, a mis en lumière les contraintes financières et techniques imposées par le modèle actuel de NASCAR.
- La standardisation a réduit les opportunités de différenciation entre les voitures, rendant les dépassements plus difficiles et limitant l’influence du style de pilotage.
- Les équipes remettent en question la pertinence économique de la standardisation, soulignant le coût élevé des pièces obligatoires et l’impossibilité d’en revendiquer la propriété.
Depuis quelques mois, les frustrations s’accumulent au sein du paddock de la NASCAR concernant la politique de pièces entièrement standardisées mise en place en 2022. Initialement conçue pour limiter les dépenses et rapprocher les performances, cette mesure a eu des conséquences imprévues, selon les témoignages des acteurs du sport automobile.
Le principal reproche formulé par les équipes est la perte de liberté technique. La standardisation a conduit à une uniformisation des voitures, réduisant considérablement les possibilités de les adapter aux spécificités de chaque circuit ou aux préférences de chaque pilote. Les dépassements, autrefois un élément clé du spectacle, sont devenus plus rares, et les courses sur les pistes courtes ont perdu de leur attrait.
Denny Hamlin, pilote expérimenté de l’écurie Joe Gibbs Racing, a expliqué que la signature de partenariats exclusifs par la NASCAR limite drastiquement les options des équipes en matière de sponsoring. Si la NASCAR s’associe à un fournisseur de carburant ou de pneus, les écuries ne peuvent plus rechercher de partenariats avec des marques concurrentes dans le même secteur.
« Je pense que nous payons probablement environ 700 000 $ par an en pneus. En pneus. Je veux dire, Goodyear est le fournisseur officiel de pneus NASCAR, mais nous devons les acheter. Ils ne nous sont pas donnés. Nous devons les acheter. »
Denny Hamlin, pilote
Hamlin a illustré ce point avec un exemple concret : l’achat de pneus. Malgré un coût annuel estimé à 700 000 $ (environ 650 000 €), les équipes sont contraintes d’acheter les pneus Goodyear, même si elles souhaiteraient explorer des alternatives, comme Michelin, pour obtenir un avantage concurrentiel ou attirer des sponsors.
Cette situation a des répercussions sur l’innovation mécanique. Les équipes, opérant dans un cadre strict, ont moins de latitude pour développer des solutions originales et améliorer les performances de leurs voitures. De plus, les problèmes de sécurité liés aux composants standardisés laissent souvent les équipes impuissantes à agir de manière indépendante.
La NASCAR exige que les équipes achètent leurs pièces exclusivement auprès de fournisseurs agréés, ce qui les prive de la possibilité de résoudre les problèmes par elles-mêmes. Cette approche a également affecté les constructeurs automobiles, tels que Chevrolet, Ford et Toyota, qui disposent désormais de moins de moyens pour mettre en valeur leur expertise technique et leur savoir-faire.
Les défauts de conception ou de fabrication des composants obligatoires ont un impact universel, car toutes les équipes doivent attendre que la NASCAR et son fournisseur trouvent une solution. La première version du châssis Next Gen a mis en évidence ce risque, sa rigidité excessive ayant contribué à une série de blessures et de commotions cérébrales avant que des ajustements ne soient apportés.
Le choix unique de Goodyear comme fournisseur de pneus limite également les options des équipes, qui ne peuvent pas tester différents composés ou fabricants pour optimiser l’adhérence et l’équilibre de leurs voitures. Bien que la Formule 1 utilise également un modèle de fournisseur unique avec Pirelli, elle permet aux équipes de choisir parmi plusieurs types de pneus.
Si la standardisation devait initialement réduire les coûts, plusieurs équipes estiment que les aspects économiques restent défavorables. Les pièces obligatoires sont coûteuses à l’achat, mais les équipes n’en sont pas propriétaires, ce qui a conduit à des litiges antitrust. Cependant, la NASCAR a récemment exprimé son ouverture à une restauration limitée de l’innovation et à une augmentation de la puissance, ce qui suscite un certain optimisme quant à l’avenir.
