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DEPISTAGE DU CANCER DE LA PROSTATE : LA RÉALITÉ EN 2025

by Sophie Martin

Publié le 26 novembre 2025 à 15h17. Le cancer de la prostate, deuxième cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez l’homme, bénéficie désormais de recommandations européennes pour un dépistage à grande échelle, grâce aux résultats prometteurs d’une vaste étude internationale.

  • Une étude européenne majeure confirme l’efficacité du dépistage du cancer de la prostate pour réduire la mortalité.
  • L’âge et les antécédents familiaux sont les principaux facteurs de risque, mais aucun moyen de prévention n’est actuellement connu.
  • L’Association européenne d’urologie recommande de commencer le dépistage à 50 ans, voire 45 ans en présence de facteurs de risque.

Le cancer de la prostate, une tumeur maligne qui se développe dans la glande prostatique située sous la vessie, représente un défi de santé publique majeur. Avec environ 900 000 nouveaux cas détectés chaque année dans le monde, il est le deuxième cancer le plus répandu chez les hommes. Si de nombreuses formes évoluent lentement, certaines, en particulier chez les hommes plus jeunes, peuvent être agressives et résister aux traitements, contribuant ainsi à un taux de mortalité significatif : environ un tiers des patients diagnostiqués en décèdent.

L’âge est le principal facteur de risque. Cependant, il est important de noter que plus le diagnostic est posé tardivement, moins le cancer a tendance à être agressif. Les antécédents familiaux constituent un autre facteur important : le risque double en cas de père atteint, triple en cas de frère et quintuple en cas de deux parents proches concernés. L’âge du diagnostic chez les membres de la famille est également crucial : un diagnostic avant 65 ans double le risque pour l’individu.

Il est essentiel de souligner que, malgré les recherches, il n’existe actuellement aucune mesure préventive validée contre le cancer de la prostate, étant donné que les facteurs de risque majeurs ne sont pas modifiables.

Les symptômes urinaires, tels qu’une diminution du débit, des difficultés à uriner, une miction interrompue ou la présence de sang dans les urines, peuvent être associés au cancer de la prostate, mais sont plus souvent liés à une hypertrophie bénigne de la prostate. Ces symptômes apparaissent généralement tardivement dans la maladie et ne sont donc pas fiables pour un diagnostic précoce.

C’est dans ce contexte que les résultats d’une étude européenne randomisée sur le dépistage du cancer de la prostate, menée auprès de plus de 160 000 hommes dans huit pays européens, ont récemment été publiés. Cette étude, suivie pendant 16 ans, a démontré que le dépistage permettait de détecter davantage de cancers à un stade précoce, de réduire le risque de formes avancées et, par conséquent, de diminuer la mortalité liée à cette maladie. De plus, les chercheurs ont constaté que la population à dépister est plus restreinte que celle justifiant le dépistage du cancer du sein.

Forts de ces résultats, la Commission européenne a commencé à recommander la mise en place de programmes de dépistage du cancer de la prostate à l’échelle des populations dans divers pays européens. L’Association européenne d’urologie recommande actuellement de commencer le dépistage à partir de 50 ans, ou dès 45 ans en présence de facteurs de risque. La stratégie proposée consiste à utiliser des marqueurs tels que le PSA (antigène prostatique spécifique) et le toucher rectal numérique pour évaluer le risque individuel et déterminer si une IRM (imagerie par résonance magnétique) et une biopsie ciblée sont nécessaires.

Selon le site web de l’Association européenne d’urologie, le Dr Tiago Oliveira, coordinateur du service d’urologie de l’hôpital Lusíadas Vilamoura et chef du groupe de travail sur les voies urinaires inférieures de l’association, est un acteur clé dans la promotion de ces nouvelles recommandations.

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