Des agents fédéraux ont perquisitionné lundi avant l’aube le domicile de la représentante démocrate Ilhan Omar, situé dans la région de Washington, dans le cadre d’une enquête fédérale en cours selon le département de la Justice. Cette opération, menée par des agents du service d’enquêtes du ministère de la Sécurité intérieure, intervient à trois semaines des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre. Agée de 44 ans et figure de l’aile gauche du Parti démocrate, Ilhan Omar brigue un nouveau mandat à la Chambre des représentants, où elle siège depuis 2019 pour une circonscription du Minnesota.
Les motifs de l’enquête fédérale
Selon les informations rapportées par les médias, la perquisition est liée à une enquête sur les conditions de l’acquisition de la nationalité américaine par l’élue d’origine somalienne, arrivée enfant aux États-Unis avec sa famille. L’investigation porte en particulier sur les documents présentés à l’époque par son père, décédé depuis. En septembre, Tom Homan, haut responsable chargé de superviser la politique d’expulsions massives de l’administration de Donald Trump, avait confirmé l’existence d’une enquête des services d’immigration sur la députée, sans ajouter de précisions. Homan a déclaré : Nous savons que cette enquête a commencé il y a un moment.
Il y a eu un mandat de perquisition exécuté ce matin et c’est tout ce que je dirai
.
Des commentateurs ont relevé que le ministère de la Justice s’abstient habituellement d’entreprendre des actions de cette nature visant un membre du Congrès à moins de 60 jours d’un scrutin. Cette descente policière coïncide également avec une offensive menée depuis plusieurs semaines par les ministères de la Justice et de la Sécurité intérieure contre des étrangers ayant voté ou tenté de voter par le passé.
Réactions politiques et climat de tension
Sur les réseaux sociaux, Ilhan Omar a réagi en déclarant : Je vais bien. Depuis dix ans, Trump me cible avec des mensonges sans fondement et des campagnes de diffamation. Ceci n’est que la dernière escalade dans sa campagne d’intimidation politique. Je ne me laisserai pas réduire au silence
. L’élue s’est imposée comme une critique virulente de la politique d’arrestations et d’expulsions d’immigrés menée par l’administration Trump dans son État d’attache.
Du côté de la direction démocrate, le chef de file de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries, ainsi que d’autres responsables du parti, ont vivement condamné l’opération. Ils ont dénoncé une instrumentalisation
du gouvernement fédéral et de la justice contre les opposants politiques de Donald Trump, qualifiant l’événement d’abus de pouvoir. Sollicités par l’Agence France-Presse, ni le ministère de la Justice ni le ministère de la Sécurité intérieure n’avaient fourni de réponse dans l’immédiat.
Les tensions surviennent alors que le président américain a multiplié les déclarations sévères à l’égard de la communauté somalienne du Minnesota — la plus importante du pays, forte d’environ 80 000 personnes —, affirmant récemment que les immigrants de cette communauté tentaient de prendre le contrôle de l’État, sur fond d’une affaire de fraude aux aides sociales.
