Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a prononcé un discours le 7 octobre 2026 sur la colline de la Pnyx à Athènes, appelant l’Europe à sortir de sa torpeur, à réaffirmer sa puissance souveraine et à défendre la civilisation occidentale face au déclin.
Marco Rubio interpelle l’Europe depuis la Pnyx
Mercredi, quatre caméras de télévision, dont une juchée sur une grue, ont capté l’allocution de Marco Rubio sur la Pnyx, le site historique où les citoyens de l’Athènes antique se rassemblaient pour exercer la démocratie et se prononcer à main levée sur les affaires politiques et économiques. L’événement s’est déroulé au coucher du soleil devant un parterre d’invités, parmi lesquels figurait le président grec Konstantinos Tasoúlas.
Le chef de la diplomatie américaine a averti que l’Occident se trouve à un carrefour historique critique entre la puissance nationale et la soumission.

Aujourd'hui, nous nous trouvons à la croisée des chemins. La voie que nous emprunterons déterminera si l'Occident conservera sa place à la tête du monde ou s'il se résignera à un avenir marqué par l'atrophie, la servitude et le déclin.
Orateur aguerri, le secrétaire d’État a émaillé son allocution de références historiques et philosophiques, citant Socrate, Alexandre le Grand, Galilée, Kepler, Newton, ainsi que les trois cents Spartiates. S’inscrivant dans la lignée de sa vision du monde, il a également mentionné le thumos — que les Grecs anciens définissaient comme le feu de la passion, de la force, du courage et de l’orgueil —, qu’il a présenté comme le cœur des grandes civilisations.
Quatre milliards de dollars pour un accord de défense bilatéral
Avant son intervention publique, Marco Rubio, arrivé la veille en Grèce en provenance d’Islande dans le cadre d’une tournée européenne, a participé au sixième dialogue stratégique entre les États-Unis et la Grèce, s’entretenant notamment avec son homologue Giorgos Gerapetritis. Il a salué l’alliance bilatérale et a annoncé la signature d’un accord en vue du partage d’informations en matière de lutte contre le narcotrafic et le terrorisme. Dans la soirée, il a également rencontré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.
Le secrétaire d’État critique la culture de la culpabilité occidentale
Dans la partie la plus sévère de son intervention, le secrétaire d’État a estimé que les sociétés occidentales avaient développé une culture de la culpabilité vis-à-vis de leur propre histoire, regrettant que le bien-être soit devenu une source de culpabilité et que les populations aient appris à avoir honte de leur passé et de leurs monuments. Le discours de Marco Rubio fait écho à sa prise de parole prononcée en février lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, où il avait déjà dénoncé le déclin de l’Europe face à l’immigration massive et appelé le Vieux Continent à défendre la civilisation chrétienne.

S’appuyant sur l’héritage de la Grèce antique et sur la tradition du droit naturel, Marco Rubio a également évoqué les richesses de la théologie chrétienne, citant expressément saint Augustin et saint Thomas d’Aquin. Il a évoqué les artisans à l’origine des grandes cathédrales européennes et l’exemple de ceux qui ont souffert le martyre pour leur foi chrétienne, à l’instar de Thomas More, l’ancien chancelier du royaume d’Angleterre qui fut mis à mort en 1535 pour avoir rejeté l’autorité spirituelle du roi Henri VIII.
Marco Rubio achève sa tournée européenne à Lisbonne
Après son passage à Athènes et une étape précédente en Islande, où il s’est entretenu avec la ministre des Affaires étrangères Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir au sujet de la surveillance dans l’Arctique, Marco Rubio s’est rendu à Lisbonne le 8 octobre 2026. S’exprimant depuis la capitale portugaise, il a insisté sur la nécessité pour les États-Unis de s’appuyer sur des partenaires solides.

Nous voulons que nos alliés soient forts. Plus ils sont forts, plus nous sommes forts collectivement. (…) Nous voulons une Europe forte. Nous voulons des partenaires solides en Europe.
Ce périple en Europe s’inscrit au cœur des discussions sur le réarmement au sein de l’Otan, les pays membres s’étant fixé pour objectif d’allouer annuellement 5 % de leur produit intérieur brut à la défense et aux impératifs sécuritaires d’ici l’horizon 2035, dont une part de 3,5 % dédiée strictement aux capacités militaires de base.