En 2004, des poteries venues de Chine et livrées dans le Lot-et-Garonne ont introduit par inadvertance une reine fécondée de frelon asiatique. Vingt ans plus tard, ses millions de descendants occupent presque tout le territoire français, révélant chaque automne des nids perchés au sommet des arbres dès la chute des feuilles.
Une livraison anodine en 2004 a déclenché une invasion. Des poteries destinées au marché de la décoration de jardin arrivent de Chine, transportant un passager clandestin selon les informations rapportées par Le Tribunal du Net. Lors du déballage, une reine fécondée s’échappe, donnant naissance à une colonie dont les descendants se comptent aujourd’hui en millions à travers le pays.
Invasion dissimulée dans les feuillages et zones urbaines
Chaque année, une reine fonde une nouvelle colonie capable de produire plusieurs centaines d’individus, incluant de nouvelles reines fertiles qui essaimeront au printemps suivant. Ces nids se construisent à l’abri des regards et atteignent leur taille maximale en fin d’été. D’après les données de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) issues du Muséum national d’histoire naturelle, 70 % des nids signalés étaient perchés à plus de 10 mètres de hauteur dans le feuillage dense, ce qui explique pourquoi ils restent invisibles tout l’été.
L’expansion s’étend aux zones urbaines. Sur un échantillon de 15 000 nids étudié, près de la moitié se trouvaient en milieu urbanisé, parfois à quelques mètres seulement des habitations. Ces boules grises apparaissent soudainement au sommet des branches nues entre octobre et décembre, lorsque les arbres se dénudent.
Plan national contre le frelon asiatique adopté en 2026
L’année 2026 marque un tournant réglementaire avec l’adoption d’un plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes, officialisé par un arrêté interministériel publié au Journal officiel le mercredi 16 septembre. Ce dispositif prévoit une déclinaison départementale pilotée par les préfets dans les six mois, instaurant un cadre coordonné pour remplacer les initiatives dispersées.
Les conditions climatiques influencent la dynamique des populations. Les vagues de chaleur de l’été 2026, avec des températures dépassant parfois 40 degrés dans plusieurs régions, ont rendu les conditions moins favorables aux colonies, entraînant des nids plus petits et des populations moins nombreuses. Cette tendance s’ajoute au contraste observé entre 2024 et 2025, où les hausses successives de 76 % puis de 42 % montraient que la courbe de progression n’est pas une fatalité.