La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre belge Bart De Wever ont adressé un courrier au président du Conseil européen António Costa pour réclamer une procédure accélérée sur les investissements énergétiques et une baisse drastique de la bureaucratie.
Une lettre conjointe pour réclamer une procédure accélérée en vue du sommet européen
À l’approche du Conseil européen prévu les 15 et 16 octobre, la lettre envoyée au président du Conseil européen António Costa émane directement de trois dirigeants de l’Union européenne. La présidente du Conseil des ministres italien Giorgia Meloni, le chancelier fédéral allemand Friedrich Merz et le Premier ministre belge Bart De Wever unissent leurs voix pour peser sur l’agenda de Bruxelles.
Cette démarche diplomatique fait suite à une réunion du groupe informel des « Amis de la compétitivité », selon les informations recueillies auprès du Palazzo Chigi. Les signataires demandent explicitement à l’Union européenne de réduire la bureaucratie tout en accélérant les investissements stratégiques sur le continent.
Les trois priorités formulées face aux coûts de l’énergie et aux charges administratives
Le texte insiste particulièrement sur l’interconnexion entre la simplification réglementaire, la cherté de l’énergie et la compétitivité de l’industrie européenne. Les gouvernements demandent aux instances communautaires de se concentrer sur trois axes précis.

- Établir un processus d’urgence pour accélérer les investissements dans les secteurs prioritaires, en commençant par l’énergie et la numérisation.
- Freiner l’adoption de nouvelles réglementations génératrices de contraintes administratives supplémentaires pour les entreprises.
- Réduire globalement les obligations de reporting imposées par l’UE, avec une attention particulière portée aux petites et moyennes entreprises.
Les discussions menées au sein du groupe de travail informel sur la compétitivité européenne ont également permis d’aborder les relations commerciales internationales. Les participants ont souligné la nécessité de garantir des règles du jeu plus équitables sur les marchés mondiaux.
Les divergences sur le système d’échange de quotas d’émission et le secteur du raffinage
Une initiative conjointe menée avec le Premier ministre tchèque Andrej Babiš cible directement le système de tarification du carbone.

Leurs propositions visent à réduire les coûts liés au système d’échange de quotas d’émission (ETS), à limiter l’impact du coût du CO2 sur les tarifs de l’électricité et à repousser l’entrée en vigueur de l’ETS2. L’exécutif italien a également rappelé le rôle central que joue la capacité de raffinage européenne pour garantir la sécurité d’approvisionnement énergétique.
En matière de contraintes environnementales, la mise en œuvre imminente du règlement européen sur le méthane inquiète fortement. Les gouvernements redoutent que ce texte ne rende plus difficile et plus onéreux le recours à des fournisseurs d’énergie alternatifs, pénalisant un peu plus les entreprises du secteur.
Les perspectives des discussions à Bruxelles pour le sommet des 15 et 16 octobre
La Commission européenne doit composer avec une pression accrue de la part des capitales, qui redoutent des pertes permanentes de capacité industrielle et un affaiblissement durable de l’investissement sur le sol européen.
Le sujet sera au cœur des débats du Conseil européen, aux côtés de l’examen du budget à long terme de l’Union, des prix de l’énergie et du soutien à l’Ukraine lors de ce sommet de deux jours dans la capitale belge.