La détection d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse dans une reproduction de bétail entraînera le massacre total des animaux à la Chambre des infections et une campagne de vaccination obligatoire dans la région des autour, a annoncé mercredi le ministère de l’Agriculture. 24 familles sont maintenant identifiées.
Face à la multiplication des cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) en France et plus particulièrement dans les Alpes, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a tenu ce mercredi une réunion extraordinaire du Comité nationale d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV), peut-on lire dans un communiqué du ministère de l’Agriculture. A l’issue, une stratégie nationale a été adoptée qui prévoit notamment l’abattage total du cheptel auquel appartiendrait la ou les nouvelles bêtes malades.
Ce « Parlement du sanitaire » réunit les professionnels agricoles, les vétérinaires et les scientifiques spécialisés de cette maladie. « Les échanges ont abouti […] Pour valider les membres à l’unanimité, à l’exception d’une voix, la stratégie articulée autour des mesures impératives pour arrêter la propagation du virus et protéger le troupeau du bétail français « , accueilli le ministère quand quand des militants de la Confédération paysanne bloquent l’accès à des exploitations infectées en Savoie et en Haute-Savoie afin d’empêcher l’abattage des animaux.
Dans le détail, la stratégie validée prévoit « le dépeuplement par abattage total des foyers (unités épidémiologiques) infectés pour éteindre les sources du virus, en conformité avec les obligations européennes », « la mise en place de périmètres réglementés », incluant des limitations ou strictes interdictions de mouvements du bétail et « une campagne de vaccination obligatoire dans ces zones réglementées » de 50 kilomètres autour des foyers.
Un périmètre réglementé de 50 kilomètres autour de chaque foyer
Plus précisément deux zones sont instaurées autour de chaque foyer. Une zone dite « de surveillance », dans un rayon de 50 kilomètres où s’appliquent des mesures de prévention (renforcement de la surveillance vétérinaire, désinsectisation), ainsi que des restrictions notamment sur le déplacement des bovins. Et une zone dite « de protection », dans un rayon plus restreint de 20 kilomètres autour du foyer. Là, les déplacements de bovins sont soumis à des règles plus strictes.
Ces vaccins ont été commandés « dans les 48 heures suivant la confirmation du premier foyer », affirme encore le communiqué. « Quelques centaines de milliers de doses » réceptionnées en France ce mercredi 15 juillet. « Les premières opérations de vaccination, prises en charge intégralement par l’État auront lieu au début de la semaine du 21 juillet », annonce le ministère de l’Agriculture.
24 foyers recensés par les autorités en France depuis le 29 juin
Après l’apparition d’un premier cas en Italie, le 20 juin en Sardaigne, un premier cas français de dermatose nodulaire a été détecté le 29 juin à Entrelacs, en Savoie. Depuis, la propagation est rapide : au 15 juillet décompte le ministère de l’Agriculture, « ce sont 24 foyers qui ont été confirmés dans deux départements, la Savoie et la Haute-Savoie ». Une exploitation pouvant abriter plusieurs foyers si les animaux malades paissent dans différents prés. Avant la réunion de ce mercredi et le nouveau décompte du ministère, le bilan de cette épidémie inédite en France se limitait à 13 foyers de contamination.
Une maladie bovine et uniquement bovine
Une maladie bovine, et uniquement bovine rassurent les autorités : « la DNC n’est pas transmissible à l’être humain, ni par contact avec des bovins infectés, ni par l’alimentation de produits issus de ces animaux (viande, lait, fromage), ni par piqûres d’insectes » même si la maladie se transmet, chez les bovins, par les mouches piqueuses ou les taons.
Observée « massivement dans les Balkans, en Grèce et en Bulgarie, à la fin des années 2010 », la DNC « a pu être éradiquée de cette zone grâce à une campagne de vaccination établie conjointement avec les mesures de biosécurité », rappelle le ministère.
Un argument qui ne convainc pas tous les agriculteurs. « On a vu ce qui s’était passé en Grèce, dans les Balkans, on sait très bien que l’abattage total, ce n’est pas du tout une solution, que la maladie se propage quand même, et qu’en fait, par contre, ce sont des vies broyées, sacrifiées, et ça, ce n’est pas tenable », avait déclaré à l’- la porte-parole de la Confédération paysanne Fanny Métrat avant la réunion.