Home MondeDes agents américains utilisent des gaz lacrymogènes sur les manifestants de Minneapolis alors que les appels anti-ICE s’intensifient | Tir au Minnesota ICE

Des agents américains utilisent des gaz lacrymogènes sur les manifestants de Minneapolis alors que les appels anti-ICE s’intensifient | Tir au Minnesota ICE

by Clara Dubois

Publié le 13 janvier 2026 à 22h53. Un déploiement massif d’agents fédéraux américains à Minneapolis, incluant l’utilisation de gaz lacrymogènes, s’accompagne d’une vague de démissions au sein du ministère de la Justice, suite à une décision controversée concernant un agent impliqué dans la mort d’une femme.

  • Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a déployé ce qu’il qualifie de sa plus importante opération à ce jour à Minneapolis, avec plus de 2 800 agents.
  • Des agents fédéraux ont utilisé des gaz lacrymogènes et des produits irritants contre des manifestants, près du lieu où Renée Nicole Good a été tuée par un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
  • Plusieurs procureurs fédéraux ont démissionné en signe de protestation contre la décision de ne pas engager d’enquête sur les droits civiques dans l’affaire Renée Good.

Minneapolis est le théâtre d’une escalade des tensions liées à l’immigration, marquée par un déploiement exceptionnel de forces fédérales. Le DHS affirme avoir envoyé 800 agents des douanes et de la protection des frontières (CBP) et 2 000 agents de l’ICE dans la région. Un responsable du DHS a déclaré qu’il s’agissait de « la plus grande opération du DHS de l’histoire ». Cette mobilisation intervient dans un contexte de vives critiques concernant les méthodes employées par les forces de l’ordre fédérales.

La situation s’est envenimée après la mort de Renée Nicole Good, abattue par un agent de l’ICE la semaine dernière. Le ministère de la Justice a décidé de ne pas ouvrir d’enquête sur d’éventuelles violations des droits civiques dans cette affaire, une décision qui a provoqué une onde de choc au sein du système judiciaire. Plusieurs procureurs fédéraux de l’État et de Washington ont présenté leur démission en signe de protestation.

Des manifestants se sont rassemblés près du lieu du décès de Mme Good, et des agents fédéraux ont réagi en utilisant des gaz lacrymogènes et des produits irritants. Des témoins rapportent que des agents en civil, à bord de véhicules banalisés, ont vaporisé un produit orange sur les manifestants. Des scènes de panique ont été observées, avec des personnes se frottant les yeux avec de la neige et criant à l’aide. Un témoin a décrit l’atmosphère comme une tentative d’intimidation.

La ville de Minneapolis, ainsi que l’État du Minnesota et la ville de Saint Paul, ont intenté une action en justice contre l’administration Trump, demandant la suspension immédiate de cette opération. Ils estiment que le DHS viole le premier amendement de la Constitution américaine et d’autres protections en ciblant un État progressiste favorable aux démocrates et accueillant les immigrants. Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a dénoncé une « invasion fédérale » des villes jumelles.

Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a souligné l’impact significatif de ce déploiement sur la vie quotidienne des habitants :

« Ce que nous voyons, ce sont des milliers – au pluriel – des milliers d’agents fédéraux qui arrivent dans notre ville. Et, oui, ils ont un impact énorme sur la vie quotidienne. »

Jacob Frey, maire de Minneapolis

Par ailleurs, une juge doit se prononcer d’ici jeudi ou vendredi sur une demande visant à restreindre l’utilisation de la force, notamment de produits chimiques irritants, contre les observateurs et les personnes qui filment les activités des agents fédéraux. Les avocats du gouvernement soutiennent que les agents agissent dans le cadre de leurs prérogatives et doivent se protéger.

Des manifestations et des veillées en hommage à Renée Nicole Good, mère de trois enfants, ont eu lieu dans plusieurs villes des États-Unis. Le DHS affirme avoir procédé à plus de 2 000 arrestations dans l’État depuis début décembre et promet de maintenir la pression. La porte-parole Tricia McLaughlin a accusé les responsables du Minnesota d’ignorer la sécurité publique :

« Le travail du président Trump consiste à protéger le peuple américain et à faire respecter la loi, peu importe qui est votre maire, gouverneur ou procureur général de l’État. »

Tricia McLaughlin, porte-parole du DHS

L’administration Trump a défendu à plusieurs reprises l’agent de l’ICE impliqué dans la mort de Mme Good, affirmant qu’il avait agi en état de légitime défense. Cette explication est contestée par de nombreux responsables locaux, notamment le maire Frey et le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, sur la base des vidéos de la confrontation. Deux législateurs démocrates du Massachusetts ont annoncé qu’ils présenteraient un projet de loi visant à faciliter les poursuites contre les agents fédéraux accusés de violations des droits civils.

Dans le Wisconsin, la lieutenante-gouverneure Sara Rodriguez propose d’interdire les contrôles d’immigration autour des palais de justice, des hôpitaux, des écoles et d’autres lieux sensibles. Le gouverneur Tony Evers, qui ne brigue pas un troisième mandat, a exprimé des réserves quant à cette approche, estimant qu’elle pourrait inciter à des actions plus radicales contre l’administration fédérale.

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