Publié le 13 janvier 2024 22:07:00. Malgré l’engouement mondial pour la gastronomie coréenne, les produits certifiés halal restent rares, freinant les exportations vers les marchés musulmans. La Korea Halal Authority (KHA) appelle les entreprises coréennes à obtenir cette certification essentielle pour conquérir de nouveaux débouchés.
- La disponibilité des produits halal coréens est très limitée, tant en Corée du Sud qu’à l’étranger.
- La KHA, organisme de certification unique en son genre en Corée, propose une certification halal dans toutes les catégories de produits.
- Le directeur de la KHA dénonce les pratiques de consultants qui orientent les entreprises vers des certificateurs étrangers, au profit de commissions lucratives.
La Corée du Sud peine à tirer pleinement parti de la popularité croissante de sa cuisine à l’international, notamment sur les marchés musulmans. Selon Mustafa Jin Jae-nam, directeur général de la Korea Halal Authority (KHA), l’offre de produits alimentaires et cosmétiques coréens respectant les normes halal est étonnamment faible. Alors que des distributeurs majeurs en Malaisie, comme Mah Sing Group, proposent des dizaines de milliers d’articles halal, les produits coréens ne représentent qu’une infime portion, estimée à quelques centaines.
Cette situation est d’autant plus frustrante pour la KHA que la demande existe. En Corée du Sud, environ 3 000 magasins spécialisés dans l’alimentation halal sont principalement alimentés par des importations. Jin Jae-nam estime qu’ils devraient pouvoir s’approvisionner en produits coréens certifiés. La KHA dispose d’accords de reconnaissance mutuelle (MRA) ou de protocoles d’accord avec 30 organismes de certification halal répartis en Asie du Sud-Est, en Asie centrale, en Europe et au Moyen-Orient, dont l’organisme indonésien chargé de l’assurance des produits halal, un marché crucial avec une population musulmane de 245 millions d’habitants.
Créée en 2015, la KHA est l’un des six organismes de certification halal en Corée, mais le seul à proposer une certification complète couvrant les secteurs alimentaires, cosmétiques, pharmaceutiques, industriels, agricoles, touristiques et de la restauration. Les certifications sont valables un an, renouvelables tous les deux ans. L’agence dispose d’une équipe d’experts dédiés à la recherche et au développement, au contrôle sur place et à la vérification des documents, ainsi que de comités de la charia, composés d’imams, qui valident la conformité religieuse des produits, et de comités chargés de surveiller l’intégrité du marché.
Malgré ces efforts, Jin Jae-nam déplore un manque d’intérêt de la part des entreprises coréennes pour la certification halal. Il explique que beaucoup ignorent même la possibilité d’obtenir cette certification auprès de la KHA ou d’autres organismes coréens. Il dénonce également les pratiques de certains consultants privés qui incitent les entreprises à se tourner vers des certificateurs étrangers, dans le but de percevoir des commissions pouvant atteindre plusieurs millions de wons par dossier.
« Aujourd’hui, avec la popularité mondiale de la K-food, de nombreuses entreprises semblent opter pour le halal, mais beaucoup d’entre elles pensent encore que le processus est redondant et difficile. »
Mustafa Jin Jae-nam, directeur général de la Korea Halal Authority
Jin Jae-nam souhaite organiser une exposition dédiée au halal en Corée, afin d’inviter les principaux distributeurs des marchés musulmans à découvrir l’offre de produits coréens certifiés. Il estime que cette approche serait plus efficace que les salons internationaux traditionnels, où les entreprises rencontrent des acheteurs potentiels lors de rendez-vous individuels. Il souligne que le label halal est un critère essentiel pour les consommateurs musulmans, plus important que la notoriété de la marque ou le prix.
Il insiste sur le fait que les entreprises coréennes doivent obtenir cette certification pour réellement développer leurs marchés à l’exportation, en particulier en Asie du Sud-Est et en Asie centrale, où la demande est forte et les échanges culturels dynamiques.
