Publié le 15 octobre 2025 à 21h19. L’ouverture du point de passage de Rafah, à la frontière entre Gaza et l’Égypte, est imminente, permettant l’entrée de l’aide humanitaire alors que la restitution des corps d’otages israéliens se poursuit, fragilisant un cessez-le-feu précaire.
- Le point de passage de Rafah devrait ouvrir jeudi aux civils de Gaza.
- Environ 600 camions d’aide humanitaire devraient parvenir dans la bande de Gaza mercredi.
- Le Hamas a restitué plusieurs corps d’otages israéliens, mais des tensions persistent quant à la restitution de tous les corps.
Après des jours de négociations tendues, l’ouverture du point de passage de Rafah se profile, offrant une lueur d’espoir pour les populations de Gaza, confrontées à une crise humanitaire sans précédent. Cette ouverture, conditionnée par le respect des termes du cessez-le-feu négocié, permettra l’acheminement crucial de l’aide humanitaire, notamment de nourriture, d’eau et de médicaments.
Mercredi, des camions transportant de l’aide ont été aperçus du côté égyptien de la frontière, se dirigeant vers le point de passage de Rafah. Parmi ces convois figuraient des camions de carburant et des palettes d’aide, mais il n’était pas encore certain que tous parviendraient à franchir la frontière. Selon les termes de l’accord, 600 camions d’aide devraient entrer quotidiennement dans l’enclave palestinienne.
Parallèlement, la restitution des corps d’otages israéliens se poursuit. Le Hamas a restitué lundi quatre corps, puis quatre autres mardi soir. Mercredi soir, deux nouveaux cercueils ont été remis à la Croix-Rouge à un point de rendez-vous dans le nord de la bande de Gaza, où ils sont en cours d’identification médico-légale. Au total, 21 corps d’otages restent à Gaza, certains étant difficiles à retrouver en raison des destructions causées par les combats.
La lenteur de la restitution des corps a suscité des inquiétudes en Israël, qui avait menacé de maintenir Rafah fermé et de réduire l’acheminement de l’aide si le Hamas ne respectait pas ses engagements. Le président américain Donald Trump a également mis la pression sur le Hamas, déclarant qu’il pourrait autoriser une reprise des combats si le groupe militant ne désarmait pas.
« Israël retournera dans ces rues dès que j’en dirai le mot. Si Israël pouvait entrer et les frapper, ils le feraient. »
Donald Trump, président américain
L’Autorité palestinienne, qui gouverne certaines parties de la Cisjordanie occupée par Israël, se prépare à exploiter le terminal de Rafah une fois celui-ci ouvert aux passagers. L’acheminement de l’aide humanitaire se poursuit également par le point de passage de Kerem Shalom, après inspection de sécurité israélienne.
Tom Fletcher, le principal coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies, a salué l’arrivée de 600 camions comme une « bonne base », tout en soulignant que cela ne suffirait pas à répondre à l’ampleur des besoins humanitaires à Gaza. La guerre a provoqué une catastrophe humanitaire, avec la quasi-totalité de la population déplacée et une situation de famine confirmée par des observateurs internationaux.
La situation sur le terrain reste fragile. Des tensions persistent au sein de Gaza, où le Hamas a mené des opérations de sécurité et des exécutions publiques contre des personnes accusées de collaborer avec Israël. Le commandement militaire américain au Moyen-Orient a appelé le Hamas à « suspendre la violence et les tirs contre des civils palestiniens innocents » et à désarmer « sans délai ». Le président palestinien Mahmoud Abbas a condamné ces exécutions, qualifiant leur mise en scène de choquante.
Les forces israéliennes se sont repliées sur une ligne jaune, située à l’extérieur des principales villes de Gaza, conformément aux termes du cessez-le-feu. L’avenir de Gaza, et la manière dont elle sera gouvernée, reste incertain, tout comme la composition d’une éventuelle « force de stabilisation » internationale et les perspectives de création d’un État palestinien.
