Entre 2016 et le dernier bilan complet de 2023, la chaleur a causé près de 3 millions de décès dans le monde, selon un rapport de référence publié par la revue médicale The Lancet avant la COP31. Face à l’accélération de ces impacts sanitaires, 146 chercheurs de 30 pays appellent à reconnaître le réchauffement climatique comme une urgence sanitaire mondiale.
Le 27 octobre, le dixième rapport du Lancet Countdown révèle que les dommages sanitaires progressent plus vite que la réponse des États. Ce travail, piloté par l’University College London (UCL) en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), compare deux périodes pour évaluer les conséquences du climat sur la population mondiale.
La chaleur tue plus que le paludisme et le VIH en 2023
En 2023, un record de 710 000 décès a été associé à la chaleur, dépassant les bilans du paludisme ou du VIH. Pour la première fois, l’équipe de recherche a isolé la part de mortalité attribuable aux activités humaines : entre 2016 et 2023, la chaleur a été associée à une moyenne de 540 800 décès par an, dont 68 % relèvent du changement d’origine anthropique, contre 55 % lors de la décennie précédente.
Car il y a de toute façon des périodes de forte chaleur, mais leur intensité et leur fréquence sont amplifiées par le changement climatique d’origine humaine, c’est pourquoi nous observons davantage de décès que nous n’en aurions eus
Ollie Jay, de l’université de Sydney
Les chercheurs expliquent ce dépassement en comparant les données recensées par les États à un scénario fictif sans réchauffement d’origine humaine. En parallèle, les risques hydrologiques se multiplient.

Les chercheurs réclament une urgence sanitaire mondiale
C’est pourquoi nous demandons que le changement climatique soit reconnu comme une urgence sanitaire mondiale
Marina Romanello, directrice exécutive du Lancet Countdown
L’objectif est d’abandonner la gestion au jour le jour des catastrophes pour instaurer une riposte structurelle à long terme.
Cette pression intervient alors que les investissements dans les énergies propres ont atteint 2 100 milliards de dollars en 2025, soit deux fois les sommes consacrées aux combustibles fossiles. Ces derniers représentent encore 80 % de l’énergie mondiale.
Leur pollution de l’air tuerait 2,73 millions de personnes par an. Réduire cette pollution dans au moins 77 pays permettrait d’éviter environ 323 000 décès par an.
Le réchauffement ampute l’économie mondiale
Le réchauffement climatique inflige à l’économie mondiale des pertes financières supérieures à mille milliards de dollars annuels au cours des trois dernières années en entravant la productivité des travailleurs.
Les disparités géographiques sont marquées : l’Asie du Sud-Est et l’Afrique subissent les pertes les plus lourdes, estimées respectivement à 3,9 % et 3,2 % de leur PIB. L’Europe et le continent américain perdent respectivement 0,2 % et 1,5 % de leur PIB.
Malgré ces urgences, le travail d’évaluation a rencontré de nouveaux obstacles.