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Santé

Le climat menace la santé cérébrale des Européens, selon des experts

Le changement climatique accentue la pression sur le cerveau et aggrave les troubles neurologiques, selon des experts réunis par l'Académie européenne de neurologie et le Neuro…

Portrait d'un homme mûr souriant à barbe grise, pointant le doigt vers l'avant

Le changement climatique accentue la pression sur le cerveau et aggrave les troubles neurologiques, selon des experts réunis par l’Académie européenne de neurologie et le Neuro Climate Working Group. En marge du sommet des Nations unies du 24 septembre 2026 et du Forum sanitaire de Gastein, les spécialistes avertissent que la hausse des températures et les vagues de chaleur menacent la santé cérébrale des Européens.

Les pathologies neurologiques, qui s’étendent des migraines invalidantes jusqu’à la démence et à la maladie de Parkinson, concernent environ un tiers de la population au cours d’une existence. Ces affections, conjuguées aux problèmes de santé mentale, ont pesé lourdement sur l’économie mondiale en 2019 avec un coût estimé à 1 500 milliards d’euros, d’après les chiffres rappelés par Ulf Kallweit, neurologue et coprésident du groupe de travail sur les influences environnementales au sein de l’Académie européenne de neurologie.

« Tout le monde est d’une manière ou d’une autre concerné ou connaît quelqu’un qui est touché par un trouble neurologique. »

Ulf Kallweit, neurologue, via Euronews

Alors que la planète se réchauffe, cette charge sanitaire menace de s’alourdir. L’organisme humain subit des contraintes directes et indirectes face aux épisodes caniculaires récurrents, modifiant les équilibres physiologiques nécessaires au bon fonctionnement cognitif.

Le climat menace la santé cérébrale des Européens, selon des experts
Photo : sciencedirect.com

La chaleur estivale et les nuits tropicales augmentent les risques d’accidents vasculaires cérébraux

L’impact thermique sur le tissu cérébral se manifeste de manière particulièrement visible lors des pics de chaleur. Les urgences enregistrent une hausse des cas d’accidents vasculaires cérébraux dès que le mercure franchit le seuil des 30 °C.

Au-delà des journées étouffantes, ce sont les nuits tropicales, caractérisées par des minimales nocturnes supérieures à 20 °C, qui privent le corps de sa capacité naturelle à abaisser sa température interne. Cette surchauffe nocturne entrave l’accès au sommeil profond et prive l’organisme de sa phase de récupération réparatrice.

« Toutes les personnes qui ont vécu le dernier été savent que le sommeil se dégrade pendant ce type de nuits de chaleur. »

Ulf Kallweit, neurologue, via Euronews

Les répercussions d’une telle altération s’accumulent au fil du temps. Une mauvaise qualité de sommeil prolongée sur une période étendue multiplie les risques de souffrir d’un accident vasculaire cérébral ou de développer une démence, fragilisant la population sur le long terme.

Le changement climatique menace la santé cérébrale des Européens
Photo : Euronews

La modification géographique des infections et les disparités socio-économiques face au climat

La transformation de l’environnement s’accompagne d’un déplacement des vecteurs pathogènes. La borréliose de Lyme, véhiculée par les tiques, provoque déjà des complications neurologiques, tandis que la perspective d’une introduction du paludisme dans les régions méridionales de l’Europe d’ici une période donnée préoccupe le corps médical.

Ces menaces climatiques se fracturent le long des lignes d’inégalité sociale. Les foyers défavorisés, qui manquent de moyens pour rafraîchir leur lieu de vie, subissent de plein fouet l’exposition thermique. Les données scientifiques récentes confirment que la précarité socio-économique s’accompagne d’indicateurs cérébraux dégradés, traduits par un volume global du cerveau plus restreint et des traces accrues de lésions vasculaires.

« Si vous subissez la chaleur et que vous ne pouvez pas vous offrir une climatisation, vous êtes plus pénalisé. »

Ulf Kallweit, neurologue, via Euronews

Les recommandations de la feuille de route du Neuro Climate Working Group

Pour parer à cette dégradation annoncée de la santé mentale et cognitive, le Neuro Climate Working Group (NCWG) a piloté pendant plus de deux ans les travaux d’un comité d’experts interdisciplinaire. Ce rassemblement de neurologues, psychiatres, épidémiologistes et urbanistes a structuré un rapport de référence destiné à guider les actions des chercheurs, des professionnels de santé et des gouvernements.

Les orientations pratiques formulées par le réseau international préconisent des actions à plusieurs niveaux pour préserver les capacités cognitives des populations :

  • Repenser l’architecture urbaine et l’orientation des constructions, dont la disposition actuelle orientée vers le sud capte un maximum d’ensoleillement direct.
  • Favoriser l’accès aux espaces verts, la fréquentation hebdomadaire d’un environnement forestier d’une heure permettant de baisser de 3 % le risque d’AVC et de 4 % le risque de démence.
  • Renforcer la législation contre la pollution atmosphérique et les substances toxiques nocives pour le système nerveux.
  • Développer des logements mieux isolés et adaptés aux épisodes de canicule pour soutenir les communautés les plus vulnérables.

La protection du tissu cérébral et la préservation de la planète demeurent indissociables. En investissant dans la végétalisation des villes et la réduction des émissions polluantes, les politiques publiques disposent des leviers nécessaires pour atténuer la vulnérabilité neurologique des citoyens européens face aux bouleversements climatiques à venir.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.