Publié le 26 décembre 2023 14:15:00. Des chercheurs britanniques et américains ont mis au point un modèle tridimensionnel de la muqueuse utérine, une avancée qui pourrait permettre de mieux comprendre les raisons des fausses couches précoces et d’améliorer les taux de succès de la fécondation in vitro (FIV).
- Ce modèle reproduit les propriétés physiologiques et la composition cellulaire de l’endomètre, la paroi interne de l’utérus.
- Il permet d’étudier les interactions précoces entre l’embryon et l’utérus, une phase cruciale et encore mal connue du développement embryonnaire.
- L’équipe a notamment observé que le modèle permettait de reproduire la nutrition de l’embryon durant les premières semaines de grossesse, ce que les modèles précédents ne parvenaient pas à faire.
Une équipe de chercheurs de l’Institut Babraham au Royaume-Uni et de l’Université Stanford aux États-Unis a annoncé la création d’une réplique artificielle de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’utérus. Cette innovation ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de l’implantation embryonnaire, le processus par lequel l’embryon se fixe à la paroi utérine, marquant le début de la grossesse.
L’implantation est une étape délicate, responsable d’un nombre significatif d’échecs de grossesse et de fausses couches précoces. Selon les chercheurs, environ une semaine après la fécondation – la fusion du spermatozoïde et de l’ovule – l’embryon en développement doit s’intégrer dans l’endomètre. Or, cette phase reste difficile à observer et à comprendre en raison de sa complexité.
Le modèle 3D développé par l’équipe est construit en assemblant progressivement les composants du tissu endométrial. Les chercheurs ont isolé deux types de cellules essentielles – les cellules épithéliales et les cellules stromales – à partir de tissus obtenus grâce à des biopsies réalisées sur des donneuses en bonne santé. L’analyse de ces tissus a permis d’identifier les éléments qui confèrent à l’endomètre sa structure particulière.
Ce modèle a démontré sa capacité à soutenir le développement de l’embryon après l’implantation, permettant ainsi l’étude des stades embryonnaires situés entre 12 et 14 jours après la fécondation, une période jusqu’à présent largement inexplorée.
« Nous étions vraiment ravis de voir que notre système libérait les facteurs essentiels nécessaires à la nutrition de l’embryon au cours des premières semaines de grossesse. Les modèles précédents n’étaient pas parvenus à y parvenir, cela représentait donc une avancée majeure pour nous. »
Peter Rugg-Gunn, chef de groupe senior à l’Institut Babraham
En analysant les cellules présentes sur les sites d’implantation de l’embryon, les chercheurs ont pu étudier la communication moléculaire entre l’embryon et l’endomètre, obtenant ainsi de nouvelles informations sur les interactions complexes qui sous-tendent le développement embryonnaire initial. Ils ont également pu observer des étapes importantes dans le développement précoce du placenta, l’organe qui assure l’apport d’oxygène et de nutriments au fœtus.
Selon Peter Rugg-Gunn, « Comprendre l’implantation et le développement de l’embryon juste après l’implantation revêt une importance clinique significative, car ces étapes sont particulièrement sujettes à l’échec ». Il souligne également que le taux élevé d’échec d’implantation constitue l’un des principaux obstacles au succès de la FIV.