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Des chercheurs identifient une nouvelle cible pour lutter contre la résistance aux antibiotiques – Actualités

by Sophie Martin

Publié le 18 décembre 2025 à 18h26. Des chercheurs de l’Université Carnegie Mellon ont identifié une vulnérabilité bactérienne qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération de traitements contre les infections, une avancée cruciale face à la crise mondiale de la résistance aux antibiotiques.

  • Une équipe de l’Université Carnegie Mellon a découvert un mécanisme clé contrôlant le comportement des bactéries, offrant une nouvelle cible thérapeutique.
  • Cette découverte ne vise pas à tuer les bactéries, mais à modifier leur comportement, réduisant ainsi le risque de développement de résistances.
  • Les recherches suggèrent que cette approche pourrait être applicable à un large éventail de bactéries pathogènes, au-delà de celles étudiées initialement.

La résistance aux antibiotiques représente un défi majeur pour la santé publique mondiale. Les infections courantes deviennent de plus en plus difficiles à traiter, et de nombreuses procédures médicales sont compromises par le manque d’antibiotiques efficaces. Face à cette crise, les scientifiques explorent de nouvelles stratégies pour lutter contre les bactéries, et les travaux récents de l’Université Carnegie Mellon pourraient marquer un tournant.

L’étude, publiée dans la revue Communications Nature, met en lumière un mécanisme bactérien essentiel qui contrôle des aspects cruciaux de leur comportement, tels que la formation de biofilms, l’adhésion aux cellules et la mobilité. Plutôt que de chercher à éliminer directement les bactéries – une approche qui favorise l’émergence de souches résistantes – les chercheurs ont ciblé ce mécanisme de régulation.

« Les antibiotiques traditionnels fonctionnent de manière simple : ils tuent les bactéries », explique Drew Bridges, professeur adjoint à l’Université Carnegie Mellon et au Collège des sciences Mellon. « C’est le même problème qu’avec la chimiothérapie : les survivants causent des problèmes. Lorsque vous appliquez une série d’antibiotiques, une sous-population de cellules survit, elle repeuple la population et elles sont toutes résistantes. »

Drew Bridges, professeur adjoint à l’Université Carnegie Mellon

Les chercheurs ont démontré qu’il était possible de modifier le comportement de Vibrio cholerae, la bactérie responsable du choléra, en agissant sur cette voie de régulation. Ils ont observé que la manipulation de ce mécanisme perturbe la formation de biofilms, des communautés bactériennes collantes qui facilitent la propagation des infections et rendent les bactéries plus résistantes aux traitements.

« Nous voulons savoir si nous pouvons modifier les actions qui rendent les bactéries infectieuses », précise Drew Bridges. « Les bactéries créent des biofilms qui les aident à se propager, à adhérer aux cellules ou à nager dans les tissus. Si nous pouvons modifier ces comportements, nous pourrons peut-être traiter ou prévenir les infections d’une nouvelle manière. »

Drew Bridges et Emmy Nguyen

Drew Bridges et Emmy Nguyen.

L’étude a révélé que la protéine impliquée dans le contrôle de la formation de biofilms chez V. cholerae est également présente dans de nombreuses autres espèces bactériennes. Cette découverte suggère que cette approche pourrait être applicable à un large éventail d’infections bactériennes.

« Ce qui rend cette étude si passionnante, c’est que cette voie ne contrôle pas seulement les biofilms, elle régule également un large éventail de réponses bactériennes, notamment le métabolisme, le mouvement et les défenses contre le stress », explique Emmy Nguyen, étudiante diplômée impliquée dans la recherche. « Nous pensons que lorsque V. cholerae se trouve dans un environnement hostile, l’activation de cette voie l’aide à donner la priorité à la protection plutôt qu’à la prolifération. »

Emmy Nguyen, étudiante diplômée

Les chercheurs envisagent désormais de développer des petites molécules capables d’activer cette voie de régulation, affaiblissant ainsi les bactéries et les rendant plus vulnérables aux traitements. Ils collaborent avec des équipes de l’Université de Pittsburgh et de la faculté de médecine de l’université Tufts pour approfondir leurs recherches et évaluer le potentiel thérapeutique de cette approche. Le laboratoire de Drew Bridges prévoit de poursuivre ses investigations pour transformer ces découvertes fondamentales en solutions concrètes contre la résistance aux antibiotiques.

Une souche mutante de V. cholerae développe des biofilms tentaculaires – des communautés bactériennes denses qui peuvent rendre les infections plus difficiles à traiter.

Une souche mutante de V. cholerae développe des biofilms tentaculaires – des communautés bactériennes denses qui peuvent rendre les infections plus difficiles à traiter.

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