Des frappes de drones ukrainiens ont visé une importante usine de traitement de gaz dans le sud de la Russie, provoquant un incendie et perturbant les approvisionnements en gaz kazakhs. Parallèlement, l’ancien président américain Donald Trump a suggéré que l’Ukraine pourrait devoir céder des territoires à la Russie pour parvenir à une paix, relançant le débat sur les conditions d’un règlement du conflit.
L’usine d’Orenbourg, exploitée par le géant gazier Gazprom, est un complexe majeur capable de traiter jusqu’à 45 milliards de mètres cubes de gaz par an. Elle traite notamment des condensats provenant du champ de Karachaganak au Kazakhstan. Selon le gouverneur régional Eugène Solntsev, un atelier a été incendié et partiellement endommagé par les drones. Le ministère kazakh de l’Énergie a confirmé, suite à une notification de Gazprom, que l’usine est temporairement incapable de traiter le gaz en provenance du Kazakhstan « en raison d’une situation d’urgence suite à une attaque de drone ». L’état-major ukrainien a quant à lui fait état d’un « incendie à grande échelle » et de dommages à une unité de traitement et de purification du gaz.
Kiev a intensifié ses attaques contre les infrastructures énergétiques russes, considérées comme des sources de financement et de ravitaillement pour l’effort de guerre de Moscou.
Dans une interview accordée à Fox News, Donald Trump a semblé faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle envisage de renoncer à la reprise des territoires occupés par la Russie en échange de la fin de l’invasion. Interrogé sur la possibilité pour Vladimir Poutine de mettre fin à la guerre sans céder de territoires, Trump a répondu : « Eh bien, il va prendre quelque chose. Ils se sont battus et il possède beaucoup de biens. Il a gagné certains biens. » Il a ajouté que les États-Unis ne devraient pas continuer à fournir des armes à l’Ukraine indéfiniment, affirmant : « Nous avons besoin de ces armes pour nous aussi. »
Trump n’a pas pris d’engagement ferme concernant la fourniture de missiles Tomahawk à l’Ukraine lors de sa rencontre à la Maison Blanche avec le président Zelensky, malgré les demandes de Kiev. Ces missiles permettraient à l’Ukraine de frapper des cibles en profondeur sur le territoire russe. Des analystes estiment que leur livraison pourrait inciter le Kremlin à négocier, alors que Trump a exprimé sa frustration face au manque de progrès dans les discussions sur un éventuel accord de paix.
Par ailleurs, les procureurs ukrainiens accusent la Russie de modifier ses bombes à guidage aérien pour frapper des zones civiles plus profondément à l’intérieur du territoire ukrainien. La ville de Lozava, dans la région de Kharkiv, a été frappée pour la première fois par une nouvelle bombe propulsée par une fusée, la UMPB-5R, capable d’atteindre une portée de 130 kilomètres. Dans la région de Dnipropetrovsk, au moins 11 personnes ont été blessées lors d’une frappe de drones sur la région de Shakhtarske, endommageant des bâtiments résidentiels et un magasin. Une mine de charbon a également été touchée, mais les 192 mineurs présents ont été évacués sains et saufs.
L’état-major ukrainien a également signalé une frappe de drone sur la raffinerie de pétrole de Novokuibyshevsk, dans la région de Samara, près d’Orenbourg, provoquant un incendie et endommageant les principales unités de raffinage. Cette usine, exploitée par Rosneft, a une capacité annuelle de 4,9 millions de tonnes et produit plus de 20 types de produits pétroliers. Les autorités russes n’ont pas confirmé ces allégations.
Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir abattu 45 drones ukrainiens dans la nuit, dont 12 au-dessus de la région de Samara, un au-dessus de la région d’Orenbourg et 11 au-dessus de la région de Saratov. L’armée de l’air ukrainienne a quant à elle déclaré avoir intercepté ou dévié 40 des 62 drones lancés par la Russie sur le territoire ukrainien grâce à des systèmes de brouillage électronique.
Sur le même sujet
