Publié le 7 novembre 2025. Une étude récente suggère que le diabète de type 1 maternel pourrait, paradoxalement, offrir une certaine protection contre le développement de la maladie chez l’enfant, grâce à des modifications épigénétiques précoces.
- Des changements dans la méthylation de l’ADN de certains gènes liés au diabète de type 1 ont été observés chez les enfants nés de mères atteintes de cette maladie.
- Le risque de développer une auto-immunité des îlots, précurseur du diabète de type 1, semble être réduit chez ces enfants.
- L’étude identifie des régions spécifiques du génome où ces modifications épigénétiques se produisent, notamment dans la région du CMH.
Des chercheurs de l’Institut Helmholtz de Munich pour la recherche sur le diabète ont mis en évidence un lien inattendu entre le diabète de type 1 maternel et une possible protection contre le développement de la maladie chez les enfants. Publiés dans la revue Nature Metabolism, leurs travaux suggèrent que l’environnement intra-utérin, en particulier en cas de diabète maternel, peut induire des changements épigénétiques qui modulent le risque d’auto-immunité.
Le diabète de type 1 (DT1) est une maladie auto-immune fréquente chez les enfants et les adolescents, influencée à la fois par des facteurs génétiques et environnementaux. Les symptômes, qui apparaissent rapidement, incluent une soif intense, des mictions fréquentes, une faim excessive, une perte de poids inexpliquée, de la fatigue, de l’irritabilité et un souffle fruité. Bien qu’un historique familial augmente le risque de DT1, l’étude montre que ce risque varie selon le parent concerné.
Les enfants dont un parent ou un frère ou une sœur est atteint de DT1 présentent un risque 8 à 15 fois plus élevé de développer la maladie. Cependant, le risque est plus faible pour les enfants dont la mère est diabétique de type 1. Cette observation a conduit les chercheurs à explorer les mécanismes épigénétiques potentiels en jeu.
Pour comprendre comment le diabète maternel pourrait influencer l’ADN de l’enfant, les chercheurs ont réalisé une étude d’association à l’échelle de l’épigénome (EWAS) sur des échantillons de sang provenant de cohortes d’enfants à risque de développer le DT1. Ils ont ainsi identifié 34 sites de méthylation de l’ADN associés à l’exposition maternelle au DT1. Ces sites ont ensuite été utilisés pour créer un score de propension à la méthylation, testé sur des enfants dont la mère n’était pas atteinte de la maladie.
L’analyse a révélé des différences de méthylation de l’ADN dans plusieurs régions, notamment au niveau du gène HOXA5 et de cinq autres gènes liés au risque de DT1. Au total, 1 677 sites ont montré des différences entre les enfants de mères diabétiques et ceux dont les mères ne l’étaient pas. Ces différences étaient, dans certains cas, liées à l’âge de la mère ou au poids de naissance du bébé. Les enfants ayant développé une auto-immunité des îlots présentaient des scores de méthylation significativement plus faibles, suggérant une modification épigénétique moins protectrice.
« Notre étude a identifié de nombreux emplacements génétiques différentiellement méthylés, principalement dans le groupe de gènes HOXA et la région du CMH chez les enfants de mères atteintes de diabète de type 1. La région du CMH est connue pour conférer la susceptibilité génétique et la résistance majeures au diabète de type 1. Nous avons observé que les changements épigénomiques chez ces enfants étaient associés à l’expression de 15 gènes de susceptibilité au diabète de type 1. »
Raffael Ott, scientifique principal à l’Institut de recherche sur le diabète et premier auteur de l’étude
Ces résultats suggèrent que les facteurs environnementaux, tels que le diabète maternel, peuvent influencer le risque d’auto-immunité en induisant des changements épigénétiques dans des gènes clés. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre pleinement ces mécanismes et déterminer si ces découvertes pourraient conduire à de nouvelles stratégies de prévention du diabète de type 1.