Publié le 16 décembre 2025. Pour marquer le 50e anniversaire de la Convention sur les armes biologiques (CAB), l’ONU a lancé un programme inédit pour former une nouvelle génération de femmes scientifiques africaines aux enjeux de la biosécurité, avec le soutien de l’Union européenne.
- Dix jeunes femmes scientifiques du Sud ont participé à une formation intensive sur la CAB, incluant des webinaires et une visite d’étude à Genève.
- Le programme a permis de mettre en lumière l’importance de l’inclusion des femmes et de la diversité dans le domaine de la biosécurité.
- Les participantes ont élaboré des recommandations concrètes pour renforcer la CAB et adapter ses objectifs aux défis du 21e siècle.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’Initiative des jeunes pour la biosécurité du Bureau des Nations Unies pour les affaires de désarmement (UNODA) à Genève. L’édition spéciale de 2025 a été spécifiquement conçue pour encourager la participation des femmes dans un domaine traditionnellement dominé par les hommes. Le programme, financé par l’Union européenne, visait à renforcer les compétences des participantes en matière de diplomatie scientifique, de leadership et de compréhension des enjeux liés à la CAB.
La formation a débuté en novembre 2025 avec une série de quatre webinaires thématiques. Ces sessions ont abordé des sujets clés tels que l’histoire et les principes de la CAB, l’importance de l’intégration du genre dans les approches de biosécurité, et les outils permettant de développer le leadership et la confiance. Les participantes ont également eu l’occasion de partager leurs expériences en tant que femmes travaillant dans le domaine, mettant en avant leurs compétences et leurs perspectives uniques.
Lors du webinaire inaugural, Izumi Nakamitsu, Haut Représentant pour les affaires de désarmement, s’est adressée aux boursières. Elle a déclaré :
« Transformez votre dévouement en faveur de la biosécurité en actions concrètes au sein de vos communautés et de vos réseaux personnels. »
Elle était accompagnée de l’ambassadeur Cervone d’Urso, chef adjoint de la délégation de l’Union européenne, et de l’ambassadeur Meyer, présidente du groupe de travail de la CAB sur le renforcement de la Convention et représentante permanente du Brésil auprès de la Conférence du désarmement.
Du 8 au 12 décembre, les participantes se sont rendues à Genève pour assister à la septième session du Groupe de travail sur le renforcement de la CAB. Elles ont également participé à des séances d’information et à des échanges avec des représentants d’organisations internationales. Un moment fort de cette visite a été la rencontre avec les dix participantes de la délégation Next Generation for Biosecurity de la Nuclear Threat Initiative (NTI). Cette collaboration a permis de créer un espace d’échange et d’apprentissage entre les jeunes leaders de la biosécurité.
En petits groupes, les participantes ont travaillé à l’élaboration d’un document final présentant leurs réflexions et leurs priorités pour la CAB. Ce rapport actualise les propositions formulées par les jeunes lors de précédentes initiatives et propose un plan d’action concret pour les mettre en œuvre.
Des séances d’information ont été organisées avec divers acteurs du domaine, notamment Madison Wimmers (Organisation mondiale de la santé animale, WOAH) et Julio Pinto (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, FAO), qui ont présenté le travail de leurs organisations dans le cadre de l’approche « One Health » (une seule santé). Les boursières ont également eu l’occasion d’échanger avec Mélanie Régimbal, chef de la branche de Genève de l’UNODA, sur les priorités en matière d’engagement des jeunes dans le désarmement et les perspectives de carrière.
Une table ronde a été consacrée aux défis rencontrés par les femmes dans le domaine de la biosécurité et aux stratégies pour concilier vie professionnelle et vie personnelle. Clarissa Ríos Rojas (spécialiste des questions politiques, Unité d’appui à la mise en œuvre de la Convention sur les armes biologiques), Somsanouk Keobounsan (Premier Secrétaire de la mission permanente du Laos auprès de l’ONU à Genève), Mely Caballero Anthony (directrice du Centre d’études de sécurité non traditionnelles) et Merci Philéha (directrice adjointe du Secrétariat de non-prolifération) ont partagé leurs expériences et leurs conseils.
Liz Romero, l’une des boursières, a présenté les résultats du programme lors d’un événement parallèle organisé par l’UNODA et la NTI sur l’impact des efforts d’inclusion et de diversité dans le renforcement de la CAB. Shreyash Borkar, Sriram Kumar et Kaitlyn Connors ont également présenté leur projet gagnant du concours Next Generation for Biosecurity, soulignant l’importance de donner une voix aux jeunes dans ce domaine.
Ce programme de bourses témoigne des progrès réalisés en matière d’inclusion et de diversité dans le domaine de la biosécurité, à l’occasion du 50e anniversaire de la CAB. Il souligne la nécessité de mobiliser des experts de tous horizons pour garantir que la Convention reste pertinente et efficace au 21e siècle.
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