Des manifestations d’ampleur sont prévues ce samedi à travers les États-Unis, sous le slogan « Pas de rois », pour dénoncer la politique de l’administration Trump et la dérive autoritaire qu’y voient ses opposants. Ces rassemblements interviennent dans un contexte de crise politique, marquée par une fermeture prolongée du gouvernement américain.
Plus de 2 600 événements sont organisés dans des villes de toutes tailles, mobilisant des centaines de partenaires de la coalition. Les organisateurs affirment que la plupart des Américains se trouveront à moins d’une heure d’un lieu de rassemblement.
Des figures de proue du Parti démocrate, comme le chef de la majorité sénatoriale Chuck Schumer et le sénateur indépendant Bernie Sanders, soutiennent ces mobilisations. « C’est un rassemblement pour l’amour de l’Amérique », a déclaré M. Sanders sur Facebook. « C’est un rassemblement de millions de personnes qui croient en notre Constitution, qui croient en la liberté américaine et qui ne vous laisseront pas, vous et Donald Trump, transformer ce pays en une société autoritaire. »
La fermeture du gouvernement, qui en est à son 18e jour, est perçue par de nombreux démocrates comme un moyen de faire pression sur M. Trump et de rétablir un équilibre des pouvoirs. Les négociations sont au point mort, les démocrates exigeant le maintien du financement des soins de santé, tandis que les républicains souhaitent aborder cette question ultérieurement, après la réouverture des services publics.
L’administration Trump, actuellement en Floride où le président assiste à une collecte de fonds à Mar-a-Lago, a qualifié les manifestations de « rassemblements haineux pour l’Amérique ». Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a même dénoncé un « rassemblement Hate America », affirmant que les participants sont des « communistes » et des « marxistes ». Il a également suggéré que ces événements étaient financés par George Soros et le Parti communiste américain.
« Ils disent qu’ils me considèrent comme un roi. Je ne suis pas un roi », a déclaré M. Trump lors d’une interview diffusée sur Fox News avant son départ pour la Floride.
Ces manifestations interviennent après d’autres mobilisations de grande ampleur, notamment des rassemblements contre les coupes budgétaires d’Elon Musk au printemps et contre le défilé militaire organisé par M. Trump en juin. Les organisateurs estiment que ce mouvement marque une nouvelle étape dans la construction d’une opposition plus unifiée.
Par ailleurs, le sénateur Sanders a critiqué la politique étrangère de M. Trump, soulignant le doublement du plan de sauvetage pour l’Argentine, porté à 40 milliards de dollars (environ 37 milliards d’euros) pour soutenir un allié politique, alors que 15 millions d’Américains risquent de perdre leur couverture santé et 20 millions de voir leurs primes doubler. « Est-ce ce que Trump entend par « L’Amérique d’abord » ? », s’est-il interrogé sur son compte Twitter.
Des rassemblements de solidarité ont également lieu à l’étranger, notamment à Madrid, où plusieurs centaines d’Américains se sont rassemblés pour manifester.
