Home MondeDes recherches allemandes suggèrent plus de 100 000 victimes dans le génocide de Gaza

Des recherches allemandes suggèrent plus de 100 000 victimes dans le génocide de Gaza

by Clara Dubois

Publié le 25 novembre 2023 07:37:00. Une nouvelle étude allemande estime que le nombre de victimes du conflit à Gaza pourrait être considérablement plus élevé que les chiffres officiels, atteignant potentiellement plus de 100 000 morts. Ces estimations, basées sur des projections statistiques complexes, soulignent la difficulté d’obtenir un bilan précis dans une zone de guerre.

  • Selon l’Institut Max Planck de recherche démographique, entre 99 997 et 125 915 personnes seraient mortes ou tuées depuis le début du conflit.
  • L’étude met en évidence les limites des données officielles fournies par le ministère de la Santé de Gaza, tout en reconnaissant qu’il ne manipule pas les statistiques.
  • Les projections indiquent une chute drastique de l’espérance de vie dans la bande de Gaza, avec des chiffres alarmants pour les femmes et les hommes en 2024.

Le bilan humain du conflit israélo-palestinien à Gaza pourrait être bien plus lourd que ce que l’on pensait. Une équipe de chercheurs du prestigieux Institut Max Planck de recherche démographique (MPIDR) de Rostock a publié une étude révélant que le nombre de décès pourrait dépasser les 100 000. Ces estimations, basées sur une analyse approfondie de diverses sources de données, remettent en question les chiffres officiels et soulignent la complexité de la situation humanitaire.

« Nous ne connaîtrons jamais le nombre exact de morts. Nous essayons seulement d’estimer le plus précisément possible quel pourrait être un ordre de grandeur réaliste », a déclaré Irena Chen, l’une des responsables du projet. Les calculs de l’équipe indiquent qu’entre 99 997 et 125 915 personnes sont mortes ou ont été tuées lors des attaques israéliennes sur la bande de Gaza au cours des deux premières années de la guerre, avec une estimation médiane de 112 069 personnes.

Pour parvenir à ces chiffres, les scientifiques de Max Planck ont utilisé des projections statistiques, en croisant des données provenant de plusieurs sources. Outre les données du ministère de la Santé de Gaza, ils ont intégré des enquêtes indépendantes auprès des ménages et des rapports de décès recueillis sur les réseaux sociaux. Cette approche multidimensionnelle vise à pallier les lacunes des données disponibles et à offrir une estimation plus complète de la mortalité.

Actuellement, le ministère de la Santé de Gaza est la seule source officielle de chiffres concernant le nombre de décès, ayant fait état de 67 173 morts au cours des deux premières années du conflit. L’étude de l’Institut Max Planck ne remet pas en cause l’intégrité du ministère, soulignant au contraire qu’il a tendance à être conservateur dans ses estimations. Selon l’hebdomadaire allemand TEMPO, aucune preuve de manipulation statistique n’a été relevée.

L’étude met en lumière le fait que de nombreux décès ne sont pas enregistrés dans les chiffres officiels. Le ministère de la Santé de Gaza ne comptabilise que les décès confirmés, c’est-à-dire ceux pour lesquels un certificat de décès délivré par un hôpital est disponible. Avec la destruction ou la fermeture de nombreux hôpitaux pendant le conflit, le ministère s’appuie également sur les signalements de décès effectués par les familles, qui sont ensuite vérifiés par un comité.

Les victimes ensevelies sous les décombres des bâtiments bombardés sont souvent exclues des statistiques officielles. L’équipe de Max Planck a pris en compte ces facteurs en analysant les données par sexe et par groupe d’âge, afin d’affiner ses estimations. Cette approche permet non seulement d’obtenir un chiffre global plus précis, mais aussi de mieux comprendre les caractéristiques démographiques des personnes décédées.

L’étude révèle également des disparités dans la précision des actes de décès en fonction du sexe et de l’âge. Les femmes sont moins susceptibles d’être enregistrées que les hommes, et les décès parmi les personnes de plus de 60 ans sont souvent sous-estimés dans les statistiques officielles.

Selon les calculs des chercheurs, environ 27 pour cent des victimes du conflit sont des enfants de moins de 15 ans, et environ 24 pour cent sont des femmes. Ces chiffres soulignent l’impact disproportionné du conflit sur les populations les plus vulnérables.

Au-delà du bilan immédiat des décès, l’étude prévoit des conséquences graves sur l’espérance de vie dans la bande de Gaza. Avant le conflit, l’espérance de vie était de 77 ans pour les femmes et de 74 ans pour les hommes. Pour 2024, les démographes projettent des chiffres de 46 ans pour les femmes et de 36 ans pour les hommes. Ces projections statistiques, bien qu’étant des moyennes, illustrent clairement l’augmentation des risques de mortalité pour les civils vivant à Gaza.

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