Publié le 8 janvier 2024 06:44:00. L’espoir de découvrir une vie extraterrestre sur Europe, une lune de Jupiter, s’amenuise. De nouvelles recherches suggèrent que les conditions géologiques nécessaires à l’émergence de la vie pourraient ne pas être réunies dans son océan souterrain.
- L’océan d’Europe pourrait manquer de l’activité hydrothermale essentielle pour soutenir la vie.
- La structure interne de la lune serait trop froide et rigide pour générer une circulation de fluides chauds.
- La mission Europa Clipper de la NASA pourrait apporter des réponses cruciales dans les prochaines années.
Europe, l’une des lunes de Jupiter, a longtemps été considérée comme un candidat privilégié dans la recherche de vie au-delà de la Terre. La présence d’un vaste océan d’eau salée sous une épaisse couche de glace a alimenté cet espoir. Cependant, des études récentes remettent en question ce potentiel, pointant vers un manque de conditions géologiques favorables.
Selon des chercheurs cités par IFLScience, l’océan d’Europe pourrait ne pas bénéficier d’une dynamique géologique suffisante pour abriter des organismes vivants. L’élément clé qui pose problème est l’absence d’une activité hydrothermale significative au fond marin. Sur Terre, ces sources hydrothermales sont des écosystèmes florissants, fournissant l’énergie nécessaire à la vie en l’absence de lumière solaire.
Des modélisations informatiques récentes, relayées par SciTechDaily, indiquent que l’intérieur d’Europe serait probablement trop froid et trop rigide. Cette configuration entrave la formation de chaleur interne et limite considérablement la circulation de fluides chauds riches en minéraux, essentiels à la chimiosynthèse – le processus par lequel certains organismes tirent leur énergie de réactions chimiques.
La vie microbienne dans les environnements extrêmes terrestres, comme les fonds marins, dépend fortement de la chimiosynthèse. Sans un apport constant de chaleur et de minéraux provenant de sources hydrothermales, les sources d’énergie chimique disponibles sur Europe seraient extrêmement limitées. Comme l’explique Paul Byrne, professeur de sciences planétaires à l’Université Washington de Saint-Louis, via Universe Today :
« Si les fonds marins d’Europe étaient géologiquement passifs, alors son océan atteindrait un état d’équilibre chimique statique, ne fournissant ainsi aucun “carburant” pour la vie. »
Paul Byrne, professeur de sciences planétaires à l’Université Washington de Saint-Louis
La pression exercée par l’épaisse couche de glace qui recouvre Europe pourrait également jouer un rôle dans l’inhibition de l’activité volcanique interne. Cette pression pourrait comprimer la croûte rocheuse, rendant plus difficile le déclenchement de l’activité hydrothermale nécessaire.
Toutefois, l’hypothèse de la vie sur Europe n’est pas totalement écartée. La mission Europa Clipper de la NASA, actuellement en phase d’observation, analysera la composition chimique de la surface de la lune et recherchera d’éventuels panaches de vapeur d’eau s’échappant de sous la glace. Si aucune trace d’activité chimique complexe n’est détectée, les chances de trouver de la vie dans les océans d’Europe s’amenuiseraient considérablement.
