Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude menée dans l’Utah, un État américain où le taux de cancer de la peau est particulièrement élevé, suggère que les personnes tatouées pourraient présenter un risque réduit de développer un mélanome. Des résultats surprenants qui nécessitent toutefois des recherches complémentaires pour en confirmer les causes.
- Le risque de mélanome serait diminué de moitié chez les personnes tatouées.
- L’effet protecteur potentiel semble plus marqué chez ceux qui arborent de nombreux tatouages de grande taille.
- L’étude souligne l’importance de ne pas tirer de conclusions hâtives et met en évidence plusieurs limites méthodologiques.
Contrairement aux inquiétudes initiales concernant la toxicité potentielle des encres de tatouage, et certaines études ayant même établi un lien entre tatouages et lymphomes, cette nouvelle recherche ouvre une piste inattendue. Les résultats indiquent que les personnes tatouées pourraient être moins susceptibles de développer un mélanome, la forme la plus grave de cancer de la peau.
Toutefois, l’auteur principal de l’étude, Justin Stebbing, se montre prudent.
« Ces résultats sont prometteurs, mais ils ne prouvent pas à ce stade que les tatouages ont un effet protecteur. Ils ouvrent simplement de nouvelles pistes de recherche. »
Justin Stebbing, auteur de l’étude
Il insiste sur la nécessité d’approfondir les investigations avant de pouvoir affirmer avec certitude un lien de causalité.
L’étude présente plusieurs limites importantes. Les données de base concernant les facteurs de risque de mélanome – exposition au soleil, utilisation de cabines de bronzage, type de peau, antécédents familiaux – n’ont été collectées que chez les patients atteints d’un cancer. Le groupe témoin, composé de personnes en bonne santé, ne disposait pas de ces informations, ce qui rend la comparaison difficile. De plus, l’emplacement des tatouages sur le corps n’a pas été pris en compte, un élément crucial étant donné que le risque de mélanome est plus élevé sur les zones exposées au soleil. Enfin, l’étude n’a pas permis d’évaluer précisément les habitudes de protection solaire des personnes tatouées, qui pourraient être plus attentives à la protection de leur peau en raison de la présence de tatouages.
Un autre point faible de l’étude réside dans le taux de réponse relativement faible à l’enquête, avec seulement 41% des patients atteints de mélanome ayant participé. Ce faible taux de participation pourrait introduire un biais statistique et affecter la validité des conclusions.