Publié le 14 novembre 2025 à 04h15. Des chercheurs argentins ont fait une avancée prometteuse dans la lutte contre le diabète en développant un traitement in vitro capable de protéger et de réguler les cellules pancréatiques, ouvrant la voie à de futurs essais sur des cellules humaines.
- Une nouvelle approche thérapeutique cible les cellules pancréatiques pour améliorer leur résistance à l’inflammation, un facteur clé dans le développement du diabète de type 1 et de type 2.
- L’étude, menée par l’Université Australe et le Conicet, a démontré qu’il est possible d’« habituer » les cellules bêta à un environnement inflammatoire, augmentant ainsi leur tolérance.
- Les prochaines étapes consisteront à tester cette méthode sur des cellules humaines, ce qui pourrait représenter une avancée significative pour des millions de personnes atteintes de diabète.
Des scientifiques de l’Université Australe et du Conicet (Conseil national de recherche scientifique et technique) ont publié leurs résultats dans la prestigieuse revue Nature. Cette découverte, fruit de recherches approfondies en laboratoire, pourrait révolutionner la prise en charge du diabète, une maladie qui touche des centaines de millions de personnes dans le monde.
Le diabète de type 1 et le diabète de type 2 sont caractérisés par un déficit dans la production ou l’action de l’insuline, une hormone essentielle produite par le pancréas et cruciale pour la régulation de la glycémie. Ce dysfonctionnement est souvent lié à des problèmes au niveau des îlots pancréatiques, entraînant une inflammation, une défaillance et, à terme, une perte de cellules.
« Dans le diabète, on sait qu’il existe une inflammation générale chronique qui persiste dans le temps. La raison pour laquelle cette inflammation se produit est une question à un million de dollars, mais le fait est que dans le diabète de type 2, qui est le plus courant, cette inflammation est chronique et est due au fait que les cytokines inflammatoires affectent les cellules bêta du pancréas, qui finissent par être endommagées. De plus, dans l’autre type de diabète, héréditaire, cette inflammation est encore plus grande et plus aiguë, et endommage également les cellules bêta »
Marcelo Perone, directeur du Laboratoire d’immuno-endocrinologie, diabète et métabolisme translationnel (IIMT) de la Conicet-Universidad Austral
L’équipe de recherche, dirigée par Marcelo Perone et menée par la biochimiste Carolina Sétula, a découvert qu’il était possible de renforcer la résistance des cellules pancréatiques en les exposant à de faibles doses de cytokines inflammatoires. Cette approche permettrait aux cellules de s’adapter et de mieux résister à l’inflammation chronique observée chez les patients diabétiques.
« Le mélange de cytokines inflammatoires est ce qui tue généralement la cellule bêta. Cependant, nous avons vu que lorsque nous exposons ou habituons la cellule bêta pancréatique à un environnement avec de très faibles niveaux de cytokines, une adaptation est générée qui a pour résultat que la cellule bêta est plus protégée contre l’état inflammatoire lui-même produit par le mélange de cytokines », a précisé Marcelo Perone.
Les chercheurs ont initialement mené leurs expériences in vitro, c’est-à-dire en laboratoire sur des cellules, puis sur des souris. Ils ont observé que l’exposition préalable à l’interleukine 1, une cytokine, permettait aux cellules bêta de mieux survivre à un environnement inflammatoire.
« Tout le monde dit que les cytokines tuent les cellules bêta du pancréas. Nous avons vu qu’elles ne mourraient peut-être pas, si nous les habituions d’abord »
Marcelo Perone, à des médias argentins
Les prochaines étapes de la recherche consisteront à reproduire ces résultats sur des cellules bêta humaines. Si les essais sont concluants, cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies pour prévenir ou retarder l’apparition du diabète, et améliorer la qualité de vie des millions de personnes qui en souffrent.
Les chercheurs espèrent poursuivre leurs essais. Photo:iStock
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