Publié le 5 décembre 2023 16:32:00. Une nouvelle étude de l’UC Davis Health révèle un lien entre les troubles anxieux et des niveaux réduits de choline, un nutriment essentiel, dans certaines zones du cerveau, ouvrant la voie à de potentielles approches nutritionnelles pour améliorer la santé mentale.
- Les personnes souffrant de troubles anxieux présentent en moyenne 8 % moins de choline dans leur cerveau que les personnes sans anxiété.
- Cette diminution est particulièrement marquée dans le cortex préfrontal, une région clé pour la régulation émotionnelle et la prise de décision.
- Les chercheurs suggèrent qu’une supplémentation en choline pourrait aider à restaurer l’équilibre chimique du cerveau et à atténuer les symptômes de l’anxiété.
Des chercheurs de l’UC Davis Health ont mis en évidence une corrélation significative entre les troubles anxieux et une diminution des niveaux de choline dans le cerveau. Cette découverte, issue d’une méta-analyse portant sur 25 études antérieures et impliquant un total de 712 participants, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans la compréhension et le traitement de ces troubles, qui touchent près d’un adulte sur trois.
L’étude, publiée dans la revue Psychiatrie Moléculaire, fait partie du groupe d’édition Nature, a examiné les niveaux de neurométabolites – des produits chimiques résultant du métabolisme cérébral – chez des personnes souffrant de divers troubles anxieux et chez un groupe témoin. Les résultats ont révélé que la choline, un nutriment essentiel impliqué dans de nombreuses fonctions cérébrales, était en moyenne 8 % moins présente chez les personnes anxieuses. Cette réduction était particulièrement visible dans le cortex préfrontal, une zone du cerveau cruciale pour la pensée, la régulation émotionnelle et la prise de décision.
Selon Jason Smucny, co-auteur de l’étude et professeur adjoint au Département de psychiatrie et des sciences du comportement de l’UC Davis, il s’agit d’une avancée majeure.
« C’est la première méta-analyse qui démontre un schéma chimique spécifique dans le cerveau associé aux troubles anxieux. »
Jason Smucny, professeur adjoint au Département de psychiatrie et des sciences du comportement
Il ajoute que cette découverte suggère que des interventions nutritionnelles, telles qu’une supplémentation appropriée en choline, pourraient contribuer à rétablir l’équilibre chimique du cerveau et à améliorer l’état des patients.
La choline, dont le nom scientifique est (CH3)3N+OH−, est un nutriment essentiel qui soutient les membranes cellulaires et joue un rôle vital dans des fonctions cérébrales clés telles que la mémoire, l’humeur et le contrôle musculaire. Le corps humain en produit seulement une petite quantité, ce qui rend indispensable son apport par l’alimentation.
Les troubles anxieux, qui comprennent le trouble d’anxiété généralisée, le trouble panique, les troubles d’anxiété sociale et les phobies, sont la maladie mentale la plus courante aux États-Unis, touchant environ 30 % des adultes. Richard Maddock, auteur principal de l’étude, psychiatre et professeur-chercheur au Département de psychiatrie et des sciences du comportement de l’UC Davis, souligne l’importance de cette recherche.
« Les troubles anxieux peuvent être débilitants et de nombreuses personnes ne reçoivent pas les soins appropriés. »
Richard Maddock, psychiatre et professeur-chercheur
Les recherches de Maddock et Smucny, menées grâce à une technique d’imagerie non invasive appelée spectroscopie par résonance magnétique du proton (1H-MRS), ont permis de mesurer les produits chimiques présents dans les tissus cérébraux. Cette méthode, qui utilise les mêmes champs magnétiques et ondes radio que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) standard, se concentre sur la composition chimique du cerveau plutôt que sur la production d’images. Des travaux antérieurs de Maddock avaient déjà révélé une réduction des niveaux de choline chez les patients atteints de trouble panique, ce qui a motivé la réalisation de cette méta-analyse plus vaste.
Les chercheurs émettent l’hypothèse que l’activité accrue du système de « combat ou de fuite », souvent observée chez les personnes souffrant de troubles anxieux, pourrait augmenter la demande en choline du cerveau, entraînant ainsi une diminution de ses niveaux disponibles. Bien qu’ils ne recommandent pas l’automédication par des suppléments de choline, ils soulignent l’importance d’une alimentation équilibrée pour favoriser la santé physique et mentale.
« Une personne souffrant d’un trouble anxieux pourrait vouloir examiner son alimentation et s’assurer qu’elle consomme la quantité quotidienne recommandée de choline. »
Richard Maddock, psychiatre et professeur-chercheur
Ils précisent que de nombreuses personnes, y compris les enfants, ne consomment pas les quantités recommandées de choline. Des sources alimentaires particulièrement riches en choline incluent le foie de bœuf, les jaunes d’œufs, le bœuf, le poulet, le poisson, les graines de soja et le lait.
Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si l’augmentation de l’apport en choline par l’alimentation peut effectivement réduire l’anxiété. Cependant, cette recherche ouvre des pistes prometteuses pour de nouvelles approches thérapeutiques basées sur la nutrition.