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Des scientifiques détectent des tempêtes solaires provenant d’étoiles proches

by Sophie Martin

Publié le 15 novembre 2024 15:02:00. Des astronomes ont détecté pour la première fois une éjection de masse coronale (EMC) provenant d’une étoile autre que le Soleil, une découverte majeure qui pourrait remettre en question notre compréhension de l’habitabilité des exoplanètes.

  • Une équipe internationale a observé une puissante EMC émanant d’une étoile naine rouge située à 130 années-lumière de la Terre.
  • Cette observation confirme que les étoiles naines rouges, les plus communes dans notre galaxie, peuvent produire des éruptions capables de dépouiller les planètes de leur atmosphère.
  • Les données utilisées proviennent de deux observatoires européens de pointe : le Low Frequency Array et XMM-Newton.

Longtemps théorisé, le phénomène des éjections de masse coronale – ces gigantesques bouffées de plasma et de champ magnétique – n’avait jusqu’à présent été observé que sur notre Soleil. Les EMC sont responsables des aurores boréales et australes, ces magnifiques rideaux lumineux qui illuminent parfois nos cieux. Elles se produisent lorsqu’un nuage de plasma magnétisé se heurte à la magnétosphère terrestre et interagit avec les gaz atmosphériques.

Les scientifiques se demandaient si d’autres étoiles, en particulier les étoiles naines rouges, pouvaient également générer de telles éruptions. Ces étoiles, plus petites et plus froides que le Soleil, sont pourtant beaucoup plus actives magnétiquement. De nombreuses exoplanètes orbitent à proximité de ces étoiles, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux effets de ces éruptions.

La détection de cette EMC, provenant de l’étoile naine rouge StKM 1-1262, a été rendue possible grâce à la détection d’un bref éclair d’ondes radio de deux minutes. « Un signal radio comme celui-ci ne se serait pas formé à moins que la matière n’ait complètement échappé à la bulle du fort magnétisme de l’étoile », explique Joe Callingham, de l’Institut néerlandais de radioastronomie.

Les résultats, publiés dans la revue Nature, montrent que le matériau éjecté se déplaçait à une vitesse d’environ 8,64 millions de kilomètres par heure (5,37 millions de miles par heure), une vitesse rarement observée dans les EMC solaires. Une telle force est suffisante pour éroder l’atmosphère d’une planète en orbite proche, la transformant en un monde stérile et exposé aux radiations.

Sur Terre, notre atmosphère et notre champ magnétique nous protègent des effets les plus dangereux du rayonnement solaire lors des tempêtes solaires. Cependant, une EMC de cette ampleur pourrait paralyser les satellites et les réseaux électriques. L’incident de mars 1989, où une tempête solaire a provoqué une panne de courant de 12 heures au Québec, au Canada, et perturbé les signaux de Radio Free Europe, en est un exemple frappant.

Les étoiles naines rouges, bien que plus petites et moins lumineuses que le Soleil, sont les plus courantes dans la Voie lactée et abritent le plus grand nombre de planètes de la taille de la Terre connues. Leur zone habitable, la région où l’eau liquide peut exister, est beaucoup plus proche de l’étoile, ce qui rend les planètes qui s’y trouvent particulièrement exposées aux tempêtes stellaires.

Des recherches sont en cours, notamment grâce au télescope spatial James Webb de la NASA, pour déterminer si les planètes rocheuses en orbite autour de ces étoiles peuvent conserver leur atmosphère. Une campagne d’observation utilisant une technique appelée « éclipse secondaire » permettra de rechercher des signes de dioxyde de carbone, un gaz essentiel à la régulation de la température. Parallèlement, le télescope Hubble étudiera l’émission de rayonnement ultraviolet de l’étoile elle-même.

« S’il s’avère qu’aucune de ces planètes n’a d’atmosphère, ce serait une déception, mais aussi très excitant », a déclaré Néstor Espinoza, l’astronome qui dirige le programme, à Mashable en 2024. « Cela signifierait que notre système planétaire est en fait vraiment spécial. »

Les futures observations permettront d’identifier davantage d’explosions stellaires et de cartographier leur impact sur les environnements planétaires à travers la galaxie, contribuant ainsi à mieux comprendre les conditions nécessaires à l’émergence et au maintien de la vie dans l’univers.

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